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Monde virtuel de Castle

Amitié, haine………

Créateur : caskett71 
Date de création : 25.08.2017 à 15h56

Message du créateur :
Hello, Me voilà avec une nouvelle histoire. se passe courant saison 4......

Cet épisode compte 38 paragraphes

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Chapitre 1 : Amitié.

 

Assis à son bureau, le lieutenant Beckett pianotait sur son ordinateur à la recherche d’informations sur le seul  suspect qu’ils avaient, notant au passage ce qui pouvait leur être utile. Sur la gauche de son bureau, une chaise, occupée, et sur cette chaise, son fidèle consultant. Au fur et à mesure que les années avaient passées,  il  était devenu autant prolifique qu’un vrai flic mais surtout, il était devenu un  ami, un très bon ami, son meilleur ami.

Seul le tic-tac de l’horloge murale se faisait entendre et elle indiquait qu’il était plus de vingt-deux heures. Malgré tout, les deux coéquipiers étaient toujours là, elle était à l’affut du moindre détail qui pourrait faire avancer l’enquête et lui comme à son habitude, il faisait ce qu’il savait faire le mieux, il l’observait. 

- Castle, vous pouvez rentrer, j’ai bientôt fini.

- Non je vous attends Lieutenant.

- Mais il est  vingt-deux heures, Martha et  Alexis doivent vous attendre ?

- Ma mère est à quelques jours de son avant-première donc elle reste tard au théâtre peaufiner les dernier détails quant à  Alexis, elle est assez grande,  et en plus elle sait où je suis.

- Bon comme vous voulez.

Il lui sourit puis reporta son attention sur son IPhone et le jeu qu’il avait commencé. De temps en temps il jetait furtivement un œil à sa muse. Il ne se lassait pas la regarder travailler, même les jours de paperasse. Pour certain cela aurait pu paraitre ennuyeux mais pas pour lui. L’écrivain se plaisait à la contempler, détailler ses petits gestes, comme en cet instant, quand  elle prenait en otage sa lèvre inférieur entre ses dents. Si elle savait ce que ce geste provoquait comme trouble dans la poitrine de cet homme qui était installé à côté d’elle…. Mais peut-être le savait-elle ??? Et ses mimiques lorsque quelque chose ne se déroulait pas comme elle voulait, ou encore lorsqu’elle était dans une intense réflexion et que cette petite veine zébrant son front faisait son apparition.  Tous ces détails qui faisaient d’elle une encyclopédie des émotions tellement il la connaissait par cœur.

Beckett finit d’inscrire les dernières infos sur le tableau blanc pour que ses collègues puissent en prendre connaissance à leur arrivée le lendemain matin puis ferma son PC et rangea son bureau.    Il la regardait faire son petit rituel, celui qu’il voyait tous les soirs depuis bientôt quatre ans. Il se leva avant elle, saisi son manteau sur la chaise et l’aida à le passer lorsqu’elle se leva. Silencieusement ils quittèrent le poste, elle le raccompagna comme tous les soirs, tard, toujours trop tard pour la jeune fille qui s’impatientait dans cet appartement silencieux.

Cela faisait plusieurs jours que cette affaire avait débutée, elle accaparait leurs journées et débordait de plus en plus souvent sur les soirées ce qui énervait passablement cette jeune rouquine qui attendait bien sagement au loft que son père daigne rentrer mais depuis qu’il suivait cette lieutenant de la criminelle elle se sentait délaissée. Certes il avait changé, grandit depuis quatre ans mais elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour lui, il n’était pas flic et les risques qu’il prenait lorsqu’ils étaient  en interventions lui faisaient peur. Et si un jour il ne rentrait pas. Elle avait peur de recevoir un jour ce fameux coup de fil qui vous annonce le pire………..la jeune rouquine décida qu’il était temps de lui parler………quand il rentrera.

 

Quelques jours plus tard, la jeune fille n’avait toujours pas eu l’occasion de discuter avec son père, il rentrait  très tard alors qu’elle était déjà couchée  et elle partait tôt le matin, avant qu’il ne soit levé.

 

Le lieutenant Beckett sortait soulagée du bureau du Capitaine. L’affaire du chasseur de fantôme ayant été bouclée, Kate lui avait remis son rapport  afin qu’elle le contresigne et qu’il puisse  rejoindre les archives au rayon des affaires classées. Elle poussa un long soupir mais fini par sourire à la vue de ses trois compères qui plaisantaient bruyamment autour d’un café dans le local de pause. Elle sourit inconsciemment en revoyant Castle la supplier pour qu’elle avoue ne pas avoir peur des fantômes et pour qu’ils aillent revisiter la maison « hantée ». Un vrai gamin mais c’est comme ça qu’elle l’appréciait et elle ne voulait pour rien au monde qu’il change.

Depuis presque quatre ans, ils formaient une équipe du tonnerre. Ils avaient un taux de résolution d’enquêtes qui avoisinait les 98%, le meilleur de New-York. Depuis que Castle les avaient rejoint le travail semblait moins fastidieux, il mettait un peu de bonheur et de joie dans leurs journées parfois bien éprouvantes et tristes. Il avait aussi réussi à faire sourire la détective Beckett, la dure à cuire, comme la surnommaient affectueusement certains de ses collègues masculins.

Son sourire s’agrandit en entendant ce rire qu’elle reconnaitrait entre tous, celui de Castle, chaleureux, enfantin, communicatif.

- Alors les gars, on trinque sans moi ?

Ils se figèrent tous les trois en la fixant mais éclatèrent de rire devant la mine de Beckett qui se voulait sévère  et qui  tentait vainement  de paraître impassible mais ce fût peine perdue. Un éclat de rire général emplit la salle et résonna même jusqu’au bureau de Gates qui releva la tête pour voir son équipe se détendre après une série d’affaires compliquées mais toutes résolues de fort belle manière. La capitaine  se reconcentra sur les dossiers que Kate lui avait remis et devait bien avouer que même la paperasse était net, précise et sans bavure ce qui lui facilitait grandement la tâche.

Les rires se calmèrent  dans la salle de repos.

- Bien sûr que non lieutenant, voilà votre café. Rétorqua l’écrivain en lui tendant une tasse de son breuvage préféré.

- Merci Castle.

Elle lui sourit et lorsqu’elle se saisit de la tasse leurs doigts s’effleurèrent furtivement mais ce doux contact et les sensations qui en découlaient ne passèrent pas inaperçu. Elle cacha sa gêne derrière sa tasse de café et apprécia la chaleur du breuvage. Ils passaient un bon moment et Castle n’avait pas envie que cela  se termine. Il voulait prolonger la soirée avec ses amis.

- On est vendredi soir, ce weekend personne de permanence, ça vous dirait un verre au Old Haunt pour décompresser ?  Proposa-t-il.

- Ce sera pour une autre fois Castle, j’ai prévu d’emmener Jenny au cinéma ce soir…. Répondit Ryan.

- Et moi j’ai rencard avec une belle brune.

- Ce ne serait pas notre médecin légiste que voilà avec qui tu as rencard.

Lanie venait de faire son apparition à l’étage et se dirigeait vers ses amis. Sa démarche chaloupée et sa robe rouge ultra sexy fit perdre le fil de la discussion à notre latino, il en resta baba devant l’élégance de sa cavalière. Castle et Ryan étaient autant éblouis par cette beauté fatale et n’étaient guère plus loquace.

- Wah Lanie, tu es ravissante. Déclara Beckett devant les trois hommes qui ne bougeaient toujours pas.

- Merci Kate, heureusement que tu l’as remarqué car les hommes ne sont pas très éloquent ce soir. Castle, plus haut les yeux ! Le sermonna Lanie

- Heu oui pardon. Bonsoir Lanie, vous êtes étourdissante ce soir.

- Oh, merci Monsieur Castle.

Espo sortit enfin de sa contemplation et s’approcha de sa belle lui prenant les deux mains. Ses yeux pétillants en disaient long sur les sentiments à l’égard de la légiste.

- Bonsoir beauté. Finit-il par arriver à prononcer en l’embrassant sur la joue.

- Alors Espo, où emmène tu cette charmante demoiselle ce soir ? demanda Castle.

- Ce soir nous allons dans un restaurant Français, celui qui se trouve près de Rockfeller centre.

- Ho oui, chez Michel, fit Lanie rêveuse, j’adore son homard à la sauce Termidor. Tu es un amour Javier.

- Je sais.    Répondit-il d’un air qui se voulait condescendant mais qui fit éclater de rire ses amis.

 

Il l’embrassa sur la joue avant de quitter le poste tenant fermement Lanie par la taille. Les portes de l’ascenseur se refermèrent et les trois amis devinèrent qu’il allait enfin la saluer comme elle le méritait.

- Bon alors les amis je vais aussi vous laisser. Pour le verre Castle on remettra ça un autre soir.  Passez une bonne soirée vous deux. Dit Ryan en faisant un clin d’œil à sa chef, ce qui lui fit lever les yeux au ciel….

- Bon lieutenant, vu  qu’il ne reste que vous et moi, je vous invite à diner au loft, et pas question de refuser.

La brune le regarda stupéfaite par son aplomb. Il avait beau être exaspérant, râleur, gamin, elle aimait quand il prenait ce genre d’initiative qui ne permettait aucun refus.

- D’accord, je serais heureuse de diner en votre compagnie.

Ils quittèrent tous les deux les bureaux et rejoignirent la voiture de Beckett. Le trajet se passa dans la bonne humeur, Castle s’amuser à détailler les passants et à imaginer leur vie, leur boulot. Ils décompressèrent de cette façon  et ils arrivèrent au loft de l’écrivain sans avoir vu passer les vingt-cinq minutes de trajet. Ils s’engouffrèrent dans l’ascenseur qui les amenait au 3ème étage. Kate sentait que sa relation avec Castle  avait évolué ces derniers temps, elle le trouvait plus taquin, plus tactile aussi et à chaque fois qu’il effleurait ses doigts elle  ressentait tout sortes de sensations indéfinissable. Mais plus le temps passait, plus ses sensations devenaient définissable. Elle savait que les sentiments qu’il nourrissait à son égard avaient évolués, et elle découvrait jours après jours que les sentiments qu’elle éprouvait pour son écrivain devenaient aussi plus profonds, plus amoureux qu’amical.

Elle sursauta légèrement lorsqu’elle sentit une main douce et chaleureuse se poser sur la sienne. Ils étaient arrivés à l’étage du loft mais perdue dans ses pensées elle était restée adossée dans la cage de métal et c’est Castle qui la sortit de sa rêverie.

- Alors lieutenant, on rêve de moi ?

- Oh si vous saviez Castle !  Si vous saviez ! répondit-elle sur un ton plus que suggestif.

Elle sortit de l’ascenseur en laissant un écrivain médusé par sa réplique.

- Alors Castle, vous venez ?

Il  trottina jusqu’à la porte et la fit entrer tout en la débarrassant de sa veste pour la poser sur une chaise. A peine étaient-ils arrivé à la cuisine que du bruit se fit entendre dans les escaliers. Alexis dévala en courant les marches mais lorsqu’elle vit que son père était accompagné du lieutenant, elle ralentit sa course et se dirigea vers son père.

- Salut papa. Comment était ta journée ? Dit-elle en l’embrassant sans regarder la détective.

- Bonsoir chérie. Ma journée était bonne mais tu pourrais aussi dire bonsoir au lieutenant Beckett.

- Bonsoir lieutenant ! dit-elle froidement.  Puis elle tourna les talons et remonta dans sa chambre sans en rajouter. 

Alexis ragea intérieurement, elle était encore là, elle, toujours elle. Ils travaillaient ensemble, ils se voyaient tous les jours, il ne parlait que d’elle à la maison, Beckett a fait ci, Beckett a fait ça et il trouvait encore le moyen de la ramener au loft. Enervée elle s’assit à son bureau et essaya de se concentrer sur son livre de droit, elle espérait oublier les deux adultes se trouvant un étage plus bas.

Kate sentit que la rouquine s’éloignait d’elle, avant quand elles se rencontraient au loft ou en dehors, la jeune fille était beaucoup plus amicale, toujours ravie de la voir mais là quelque chose avait changé, elle l’avait senti depuis quelque temps déjà.

- Je suis désolé pour le comportement de ma fille, je ne sais pas ce qu’elle a, je dois vraiment avoir une discussion avec elle.

- Ce n’est pas grave Castle, comme tous les ados, y a des hauts et des bas. Ça va lui passer.

Elle n’en était pas convaincue, elle voyait bien qu’Alexis était devenue distante avec elle  depuis quelques mois, la jeune fille  lui en voulait pour quelques chose mais elle ne savait pas quoi.

Elle contempla le regard triste de Castle et se donna comme mission de lui rendre le sourire tout du moins pour  le reste de la soirée.

- Alors chef Castle, qu’allez-vous me concocter de bon pour ce repas ?

Bingo, les lèvres de l’écrivain s’étirèrent en un large sourire alors qu’il mettait une casserole d’eau à bouillir.

- Pour Madame ce soir, ce sera des Tagliatelles al pesto avec une salade de tomates.

- Hmmm !!!! Je sens que je vais me régaler. Vous devriez arrêter de me gâter comme ça à chaque fois que je viens car je risque d’y prendre goût.

- Mais le risque vaut la peine d’être pris. Vous êtes la bienvenue à la casa Castle vous le savez très bien Kate. Dit-il d’une voix douce.

L’utilisation de son prénom la surprit mais cela sonnait tellement bien dans sa bouche qu’elle ne put que sourire.

 - Je vous prends aux mots Rick.

Il fut tout aussi surprit qu’elle et comme seule réponse ils se sourirent tendrement.  Il était heureux, simplement heureux de pouvoir la côtoyer en dehors du poste de police et de ses enquêtes. Une soirée avec Kate c’était comme la cerise sur le gâteau, c’était finir une belle journée par un feu d’artifice digne d’une fête nationale. Il était heureux et ça se voyait, son visage souriant témoignait de son bien-être.

Alors qu’il sortait les assiettes, elle se leva et dressa la table pour trois. Elle appréciait de plus en plus de partager un peu de son quotidien, après les heures de boulot bien sûr, de le voir évoluer chez lui, qu’il lui fasse découvrir de nouvelles facettes de Richard Alexandre Rodgers.

 Il la regarda évoluer dans sa cuisine, elle était aussi à l’aise que si elle se trouvait dans la sienne. Rick sortit du frigo le parmesan et choisi une bonne bouteille de vin blanc qui se marierait très bien avec son repas du soir. Il déboucha le flacon et contempla la table dressée par Kate, simple mais très jolie. Il sourit en voyant qu’elle avait  mis deux couverts d’un côté et un de l’autre et pas un au bout de la table, il ferait donc en sorte d’être assis à ses côtés.  Il déconnecta de la réalité en s’imaginant assis près d’elle, lui un bras sur son épaule, elle une main sur son genou, glissant sur sa cuisse.

- Rick ça va ?   Demanda-t-elle en le voyant immobile fixant les chaises de la salle à manger, elle posa sa main sur son bras pour le faire sortir de sa rêverie.   Quelque chose ne va pas avec la table ?

- Non non Kate tout va bien ne vous en faites pas, je pensais juste à un truc….

- Un truc sympa à voir votre sourire. Le taquina-t-elle.

- Vous n’imaginez-même pas. Marmonna-t-il pour lui-même.

- Vous disiez quelque chose Castle ?

- Heu oui, je disais tout est prêt, je vais chercher Alexis.

- Laissez, je vais y aller. Proposa Kate.

Il sourit.

Il détaillait sa silhouette gracile se mouvoir dans les escaliers. Ce soir le lieutenant Beckett avait laissé la place à Kate et ce n’était pas pour lui déplaire, elle devenait plus taquine, tactile, et à chaque contact il sentait des frissons électriser son corps. Et ça lui plaisait. Elle disparut à l’étage alors il se reconcentra sur son repas, mais il ne se doutait pas une seconde de ce qui allait suivre.

Elle avait sentis son regard lorsqu’elle avait gravit les marches, ce regard qui la faisait fondre de plaisir et que jamais elle ne lui avouerait. Mais maintenant c’était une autre Castle qu’elle devait voir.

Arrivée devant la porte de la chambre de la jeune fille, Beckett inspira profondément, elle espérait éclaircir les choses avec la jeune rouquine, savoir pourquoi ce changement à son égard. Elle frappa deux coups et attendit qu’elle l’autorise à entrer.

- Entrez !

Beckett poussa la porte et la referma. Elle s’approcha du bureau où la jeune fille, qui avait à peine levé les yeux vers elle,  était occupée à réviser ses cours.

-Alexis, le repas est prêt mais……….                        


caskett71  (25.08.2017 à 16:01)

Chapitre 2 : Haine

 

- Mais ??? rétorqua-t-elle sèchement en se retournant vivement face à Kate !

- Mais je voudrais qu’on parle si tu veux bien ?

Devant le mutisme de la jeune fille, Beckett s’assit sur le coin du lit alors qu’Alexis lui faisait front la toisant sévèrement du regard. La détective se sentit soudain mal à l’aise, elle ne savait pas ce qui allait lui tomber dessus mais sentait que ça n’allait pas être bon.

- De quoi voulez-vous parler détective?

Le ton glacial employé par Alexis ne l’encourageait pas mais elle devait la faire, maintenant.

- Alexis, on a toujours eu de bons rapports tous les deux…………..mais ces derniers temps……….je ne sais pas, j’ai l’impression que tu m’en veux, que je t’ai fait quelque chose,  mais je ne sais pas quoi.

Alexis la fixait  la détective sans rien dire mais le regard froid qu’elle lui lançait l’inquiétait de plus en plus.

- Vous ne savez pas quoi ? Ben je vais vous le dire lieutenant. Ça va faire trois ans que mon père vous suit dans vos enquêtes, qu’il prend des risques inconsidérés  comme la fois ou ce Coonan l’a pris en otage au poste, ou quand il est entré dans votre appartement en feu pour vous sauver, ou quand il s’est fait tirer dessus lors de cette enquête sur les faux billets, vous en voulez encore??

Kate ouvrit la bouche pour contrer la jeune fille mais celle-ci ne lui laissa pas le temps d’en placer une.

- Ha et j’oubliais la fois ou dans ce café vous alliez rencontrer ce Raglan qui s’est fait descendre devant vous. Mais le pire moment ça a été le jour où il a plongé pour vous sauver au cimetière, il aurait pris cette balle pour vous.

A  cette dernière évocation Kate senti son cœur rater un battement, sa main alla immédiatement sur sa cicatrice, celle qui lui rappelait la chance qu’elle avait  d’être encore en vie, grâce à Castle.

- Il a suivi assez d’enquêtes pour écrire au moins 20 bouquins mais il vous suit toujours et prend tous ces risques pourquoi d’après vous ? Ou devrais-je dire pour qui ? Ça fait trois ans qu’il a changé, qu’il ne court plus dans les mondanités pour avoir une femme différente à chaque fois, et pour qui d’après vous ?

- Alexis je ………… elle fût stoppée par la main de la jeune fille.

- Non Beckett, j’en ai marre de le voir souffrir, et à cause de qui ? Il tient à vous plus que vous ne l’imaginez et vous vous ne trouvez rien de mieux que de lui permettre de se mettre continuellement en danger.  Je vous déteste, je ne veux plus vous voir et  je ne veux plus que mon père vous suive.

Pendant tout le monologue de la jeune fille, la détective avait senti ses yeux s’humidifier, jamais elle n’avait imaginé que Castle pouvait  souffrir autant de cette situation, elle pensait qu’ils étaient de très bons amis, ils s’entendaient très bien, passaient de bonne soirées ensemble au Old Haunt ou au loft mais là, Alexis mettais des mots où elle n’avait jamais osé en mettre. Alors pour ne pas envenimer la situation elle prit une décision. Une décision qui lui faisait mal.

- Je suis désolée Alexis, jamais je n’aurais pensé que je vous faisais souffrir autant que ça, alors tu as gagné, après cette soirée tu ne me verras plus.

- Non lieutenant, vous devriez partir maintenant.

Le ton sec employé par la jeune fille  sonnait plus comme un ordre que comme une proposition

La détective  se leva et se dirigea vers la porte, une larme coula sur sa joue mais avant de sortir elle se retourna vers la rouquine.

Deux regards s’affrontèrent, celui de Kate, triste et embué, celui d’Alexis, froid et haineux.

La porte de la chambre se referma sur le sourire vainqueur de la jeune rouquine. Kate les larmes aux yeux prit quelques secondes pour se ressaisir et affronter le regard de son partenaire et ami. Elle savait ce qu’elle devait faire pour que cette famille retrouve la sérénité et le calme d’antan. Était-elle aussi égoïste que le disait Alexis ? Ne pensait-elle qu’à son bien-être avant celui des autres, avant celui  de Castle ?

Elle sentait son cœur s’effriter, se morceler. Elle avait mis du temps pour connaitre le vrai Richard Rodgers, mais avec les mois qui passaient, elle l’avait toléré au près d’elle. Lui avait été patient et  avait su se faire apprécier par l’équipe. Au fil du temps Kate aussi avait reconsidéré son point de vue et de nouveaux sentiments étaient apparu, à présent l’écrivain et sa muse étaient liés par une grande amitié et même plus si elle voulait être honnête. Elle se sentait si bien en sa compagnie qu’elle s’était enfin décidée à lui laisser une chance, mais une chance qui ne verra jamais le jour.  Ça allait être une déchirure de partir ce soir et ne plus le revoir. 

Elle poussa un soupir et d’un geste décidé essuya ses larmes avant de s’avancer dans les escaliers.

Sur la dernière marche elle le contempla un instant, elle voulait graver cette silhouette, son visage dans sa mémoire car quoi qu’on en dise, jamais elle ne l’oubliera. Non jamais.

Comme s’il avait sentis son regard, il se retourna mais son sourire se figea devant le visage qu’elle présentait. Elle avança jusqu’à la chaise où était posée sa veste mais elle ne l’avait pas vu s’approcher et il se retrouva près d’elle en un éclair. Elle prit sa veste mais la main de Rick s’était refermée sur la sienne. Elle devait parler. Lui dire.

- Désolée Castle mais je dois partir………

- Quoi ? Mais pourquoi ? Que s’est-il passé ?

- Rien de grave, juste……………un imprévu. Dit-elle le regard triste.

Elle dégagea sa main et se dirigea vers la porte mais encore une fois il avait été rapide et maintenant il lui barrait le chemin vers la sortie.

- Castle laissez-moi passer s’il vous plait.  Le calme qu’elle présenta la surprit elle-même.

- Non Kate, pas avant que vous me disiez dit ce qui se passe. C’est pour le boulot ?

- Non,  heu je….je dois y aller. Au revoir Castle.

Elle ouvrit vigoureusement la porte ce qui le fit reculer légèrement et elle se précipita vers les escaliers pour ne pas avoir à attendre l’ascenseur et risquer qu’il la rejoigne pour d’autres explications. Elle dévala les marches rapidement se sentant suffoquer de plus en plus. Le gardien la vit arriver et lui ouvrit la porte en la saluant quand il vit son visage blême il demanda si tout allait bien mais Beckett ne prit pas le temps de répondre et se précipita vers sa voiture. Une fois à l’abri à l’intérieur du véhicule, elle laissa éclater son chagrin et les larmes refoulées jusque-là ne se privèrent pas et tombèrent en torrent sur ses pantalons.

Quelques minutes plus tard, sa crise de larmes s’était calmée, elle sortit son portable et l’éteignit, elle savait qu’il allait essayer de la joindre. Déterminée, elle prit la direction du 12ème.

Quelques mètres plus haut, l’écrivain ne comprenait toujours pas de ce qui venait de se dérouler sous ses yeux. Avant que Kate aille voir Alexis tout se passait au mieux et soudain tout avait basculé. Il regarda l’escalier et se dit qu’Alexis pouvait peut-être éclaircir le brouillard dans lequel  il se perdait. Au moment où il allait monter la voir, Alexis fit son apparition.

- Qu’est-ce qu’on mange papa ?

Elle balaya la pièce du regard et fût soulagée de ne plus voir de trace de la détective mais lorsqu’elle se retourna vers son père elle sentit arriver une discussion houleuse.

- Alexis, que s’est-il passé là-haut avec Kate, elle est partie comme une furie sans me donner d’explication ?

La rouquine se sentait tout de même un peu mal à l’aise mais ne regrettait pas ce qui avait été dit. Elle se tourna vers son père et les bras croisés sur la poitrine et le fixa furieusement.

- Elle est partie, hé ben tant mieux.

- Alexis ! Mais qu’est-ce qui te prend ? Pourquoi tu réagis comme ça ?

Ils se tenaient l’un devant l’autre, le regard sévère d’Alexis le surprit, jamais il ne l’avait vue autant remontée contre lui.

- Pourquoi ? Tu me demande pourquoi ? Cria Alexis.

- Oui, j’aimerais savoir ce qui s’est passé là-haut entre Kate et toi ?

La rouquine grogna et serra les poings, c’était le moment ou jamais, elle allait lui dire ses quatre vérités, mais d’abord elle devait se calmer. Elle inspira un bon coup profondément.

- Je lui ai simplement dis la vérité papa. Depuis que tu la suite sur ses enquêtes, j’ai peur. Peur qu’il t’arrive quelque chose de grave ou pire, de te perdre pour  toujours. Elle te met dans des situations dangereuses, vous avec faillit y passer à de nombreuses reprises. Je connais tes sentiments envers elle mais elle, t’a-t-elle laissé le moindre espoir que cela pouvait être partagé ??  J’ai toujours pensé que c’était nocif pour toi de la suivre comme ça, elle te détruit à petit feux mais tu ne veux pas le voir. Fais-toi une raison papa, pour elle  tu ne seras jamais plus qu’un partenaire agaçant et encombrant.

- Mais Alexis, elle n’y est pour rien, c’est moi qui veut la suivre, tu n’avais pas le droit…..

- Pas le droit ? Mais je suis ta fille, alors bien sûr que j’ai le droit de m’inquiéter pour toi, mais toi as-tu pensé une seule fois à moi, à grand-mère lorsque tu pars la rejoindre pour ses enquêtes. Qu’est-ce qu’on deviendrait si tu mourais. Hein, tu as pensé à ça ? S’énerva-t-elle !

- Alexis bien sûr que j’y pense, c’est pour ça que je ne prends pas de risque inconsidéré.

- Combien de fois as-tu failli mourir ? Comme  lorsque ce Coonan t’a menacé d’un révolver sur la tempe au poste, ou quand tu es rentré dans son appartement en feu as-tu pensé au risque que tu prenais. Et dans ce container frigorifique. Et au cimetière où tu as failli prendre une balle à sa place.

Au souvenir de ce qui s’était passé au cimetière son souffle se bloqua. Si lui se sentait mal à cet instant, il ne pouvait pas imaginer ce que Kate avait ressenti lorsqu’Alexis avait évoqué cet évènement.

- Tu n’as pas osé faire ça? As-tu la moindre idée de ce qu’elle a pu ressentir ce jour-là ? Elle s’est prise une balle qui a failli la tuer……………je ne te reconnais plus  Alexis …………

Les esprits s’étaient calmés mais la colère intérieure de Rick ne diminuait pas. Jusqu’à aujourd’hui Alexis n’avait jamais laissé paraitre son inquiétude, sa colère, alors ce soir il tombait des nues devant ses révélations.

- Oui papa je lui ai dit tout ça car  j’en peux plus, j’ai peur de te perdre et je ne veux plus que tu la suives, pour ton bien.

- Pour mon bien ? Mais je ne me suis jamais sentis aussi bien que depuis que je la suis.  Cria-t-il exaspéré par les propos de sa fille.

Il se saisit de son téléphone portable sur le bar de la cuisine.

- Qu’est-ce que tu fais ? C’est elle que tu appelles ?

La tristesse avait pris le dessus sur la colère, elle voyait bien que son père n’allait pas laisser tomber sa détective aussi facilement. Il fallait qu’elle abatte sa dernière carte.

Père et fille se toisaient du regard, jamais ils ne s’étaient disputés de la sorte. Alexis avait toujours supporté les frasques de son père sans rien dire mais là elle n’en pouvait plus. Elle devait le retenir d’une manière ou d’une autre.

Il déverrouilla son IPhone et son numéro fût vite composé.

- Oui c’est elle que j’appelle.

- Non mais c’est pas vrai, tu n’as donc rien entendu de ce que je t’ai dit ?

- Si Alexis j’ai très bien entendu mais je ne te comprends pas. Elle a toujours été là pour toi.

Dépité il raccrocha, son appel était passé directement sur la messagerie, elle avait certainement éteint son téléphone pour être sûr qu’il ne puisse pas la joindre, il décida donc d’aller à sa recherche. Devant le regard désapprobateur de sa fille il saisit ses clés et sa veste.

- Où  vas-tu ? demanda-t-elle sèchement mais connaissant pertinemment la réponse.

- Elle a éteint son portable alors je vais à sa recherche.

- Non papa ne fait pas ça.

Elle avait attrapé son bras d’un geste autoritaire mais il se dégagea brusquement de son emprise.

- Papa, si tu fais ça, je ne serais plus là à ton retour.

Voilà, elle avait abattu sa dernière carte. Jamais Alexis n’avait pensé devoir en arriver là mais apparemment son père ne voyait pas les choses de la même manière qu’elle.

- Alexis, tu ne comprends pas……...

Et il quitta le loft les yeux brillant.

Non elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas  comment il pouvait choisir cette fliquette plutôt qu’elle, sa fille. Elle l’avait vu quitter le loft les yeux embrumés, mais il était quand même parti, la laissant seule avec sa menace. Sa menace qu’elle lui avait jeté à la figure et qui maintenant allait devenir réalité. Elle ne pouvait plus revenir en arrière, de toute façon son amour propre prenait le dessus alors furibonde elle regagna sa chambre, attrapa une valise ou elle jeta quelques habits en urgence. Elle devait s’éloigner, partir, pour qu’il comprenne son erreur.

Dans sa voiture, Rick retournait le problème dans tous les sens sans trouver comment arranger la situation. Mais pour le moment il y avait une autre urgence, il devait retrouver Kate. Il se dirigea vers son appartement mais ce soir la chance n’était vraiment pas de son côté, les feux de signalisations s’étaient ligués contre lui, il dû s’arrêter à tous les carrefours. À destination sa colère avait diminué mais avait laissé place à l’inquiétude. Il se parqua devant l’immeuble et grimpa les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur. Devant la porte   il reprit son souffle et toqua trois fois comme d’habitude. Aucune réponse, aucun bruit, il plaqua son oreille contre le bois foncé mais cela ne changea rien, personne n’ouvrit la porte. Il s’adossa au mur et réfléchit, ou serait-elle allée ?

Une idée en tête, il repartit en courant dans les escaliers manquant de se rompre le cou à plusieurs reprises tellement ses jambes n’allaient pas assez vite. Il sauta dans sa voiture et démarra en trombe direction le poste, peut-être qu’elle s’était réfugiée là-bas, se plonger dans un dossier pour oublier cette soirée. En arrivant devant l’immeuble son entrain en prit un coup, sa voiture n’était pas là. Rick décida tout de même de monter voir, vu qu’il était là sus été dommage de ne pas y aller et de la manquer.

À l’étage du 12ème tout était calme, les lumières éclairaient seulement les bureaux des officiers de gardes c’est-à-dire deux, et ils étaient en salle de pause se délectant d’un bon café et rigolant bruyamment. L’écrivain s’avança tout de même et observa les alentours. Une lueur attira son regard, le bureau du capitaine était encore allumé. Il s’approcha prudemment et la vit enfiler sa veste, prendre son sac et éteindre sa lampe de bureau. Rick hésita, sa tête lui disait part mais son cœur blessé lui disait vas-y. Il n’eut pas à choisir car Gates se tenait à présent devant lui le regard sévère.

- Bonsoir Monsieur Castle. Que faites-vous ici à une heure pareille ?

- Je….heu…. je cherche le lieutenant Beckett.

- Pourquoi croyez-vous qu’elle soit revenue ici ? Je vous ai vu partir tout à l’heure ensemble non ?

Rick à court de mots ne savait pas comment lui expliquer sans trop entrer dans les détails. Il savait qu’elle ne l’appréciait pas trop et s’il avouait au capitaine ses sentiments pour Kate, il risquait d’être bannit du poste. Alors il fit ce qu’il faisait de mieux. Il inventa.

- Oui c’est vrai on est partit ensemble, je l’ai invitée à diner  mais après ça s’est mal passé, elle est partie en furie et depuis je la cherche. Alors j’ai pensé …..

- Qu’elle était venue ici pour oublier cette soirée ?

- Oui. Mais apparemment je me suis encore trompé.

- Désolé Castle mais je ne l’ai pas revue ce soir. Mentit la métisse.

Elle n’aimait pas mentir délibérément mais…………………quelques minutes plus tôt elle avait promis.

FLASH BACK

Victoria était plongée dans un dossier lorsqu’on frappa à la porte de son bureau. Surprise, car les seules personnes encore présente au poste étaient les deux plantons de garde donc elle ne s’attendait pas à avoir de la visite. Elle leva la tête et fit signe d’entrer à sa visiteuse. Elle ôta ses lunettes et s’adossa à son fauteuil pour découvrir le visage triste et les yeux rougis de  son lieutenant.

- Bonsoir Capitaine. Désolée de vous déranger mais,  pourrais-je vous parler ?

- Bonsoir lieutenant. Bien sûr, asseyez-vous. Que puis-je pour vous à cette heure-ci ?

Kate s’assit en face de sa cheffe, les coudes sur ses genoux, son visage caché dans ses mains.

- J’aimerais prendre quelques jours de repos.

Gates fût étonnée de cette demande, son lieutenant n’avait pas pour habitudes de prendre des vacances et encore moins aussi soudainement…

- Je sais que je m’y prends un peu au dernier moment mais j’en ai vraiment besoin.

Le capitaine Gates observa son lieutenant, elle avait l’air épuisée, abattue, pas physiquement non, mais moralement c’était autre chose.

Elle réfléchit  rapidement mais elle savait pertinemment qu’elle n’allait et ne pouvait pas refuser à son meilleur détective de prendre du repos.

Kate avait toujours son visage enfoui dans ses mains, elle paraissait si vulnérable, le dos vouté, les mains tremblantes. Gates ne la reconnaissait pas.

- Combien de temps ? Demanda-t-elle au bout d’un moment.

Beckett releva  vers sa cheffe un regard interrogateur.

- Combien de jours voulez- vous prendre? Répéta-t-elle.

- Heu… je pense qu’une semaine ça devrait aller.

- D’accord. Alors je ne veux pas vous revoir avant lundi d’après.

Soulagée Kate esquissa un léger sourire.

- Cheffe, j’ai encore une demande.

- Allez-y.

- Si on vous le demande, vous ne m’avez pas vue ce soir.

Sceptique Gates acquiesça silencieusement voyant que ça avait l’air important pour elle.

 Rassurée, Kate se leva pour sortir du bureau de sa supérieure.

- Kate. ?

Elle se retourna surprise que Gates l’appelle par son prénom.

- Oui.

- Revenez nous en forme. Je ne pourrais pas me passer très longtemps de mon meilleur lieutenant.

- Merci chef.

Gênée mais ravie par le compliment, elle tourna les talons et se dirigea vers l’ascenseur.  Une fois la cage métallique refermée, elle laissa couler quelques larmes. Larmes qu’elle avait retenues pendant qu’elle était avec Gates. C’est les yeux encore légèrement embués qu’elle prit sa voiture pour rentrer chez elle faire sa valise.

La cheffe du 12ème avait regardé partir la jeune femme, pleins de questions se bousculaient dans sa tête. Que s’était-il passé entre le moment ou Beckett avait quitté le poste avec Castle et  maintenant.

Elle supposait que par « on » elle voulait dire Castle vu qu’ils étaient partis ensemble et il n’y avait que lui pour la mettre dans un état pareil. Depuis qu’elle avait repris le poste de commandant du 12ème, elle avait bien vu qu’entre ces deux-là  il y avait une très forte amitié, une complicité qui pourrait rendre n’importe qui jaloux tellement ils s’entendaient bien. Elle se demandait même s’ils avaient franchis le cap de la simple amitié. Mais si c’était le cas, rien n’avait filtré.

Et c’est lorsqu’elle quitta son bureau une demi-heure plus tard qu’elle rencontra Monsieur Castle et qu’elle lui mentit à contre cœur en voyant sa mine défaite.

FIN DU FLASH BACK

Sur sa dernière réponse il baissa les yeux et sur un petit « merci » quitta le poste déçu de ne pas avoir eu la réponse souhaitée.

 


caskett71  (26.08.2017 à 23:12)

Chapitre 3 : Doutes

Il errait dans la ville au volant de sa voiture, et au fil des carrefours et des feux rouges, le quartier lui devint familier, sa conduite hasardeuse l’avait menée vers ce parc, vers les balançoires. Là où ils avaient discutés lorsqu’ils s’étaient revus après sa convalescence. Où elle avait enfin laissé entrevoir la possibilité d’une évolution de leur relation.

Vu l’heure tardive, il trouva facilement une place pour se garder. En foulant l’herbe sèche, il tenta encore une fois de l’appeler mais son appel bascula directement sur sa boite vocale. Désespéré, il se décida à laisser un message.

 

« Kate je t’en prie rappelle-moi. Je sais ce que t’a dit Alexis et……. »

 

Ses derniers mots moururent dans un sanglot et il raccrocha. Assis sur une balançoire, il se prenait la tête entre les mains essayant de retrouver un peu de lucidité. Où devait-il la chercher ? Elle n’était pas chez elle ni au poste. Il aurait pu tenter de joindre Lanie mais il savait que même si Kate lui avait parlé, elle ne trahirait jamais sa meilleure amie.

 

Entre temps, Kate était arrivée chez elle.

 

Ne voulant pas voir Castle, elle avait attendu un moment dans la voiture et regardé tout autour s’il n’était pas là à l’attendre puis n’ayant rien vu de louche, elle avait mis sa voiture au parking fermé. Elle  était montée chez elle et s’était enfermée à double tour, n’avait pas allumé de lumière, avait fermé les rideaux. On ne devait pas voir depuis l’extérieur qu’elle était chez elle.

Assise sur le canapé, ses bras entouraient ses jambes repliées devant elle, contemplant son IPhone, éteint. Elle voulait avertir Lanie qu’elle s’absentait quelques jours. C’était sa meilleure amie et elle savait que ne la voyant pas au poste le lendemain matin la légiste allait s’inquiéter et tenter de la joindre.

Elle allait lui envoyer un message mais au moment où elle alluma son téléphone, il bipa, lui signalant un message sur sa boite vocale. Castle. Elle essuya une larme rebelle et sélectionna le numéro  WhatsApp de Lanie. Le message qu’elle lui adressa était bref.

«  Je m’absente quelques jours. Besoin de changer d’air. Bises. »

 

Elle posa l’appareil sur la table du salon et alla dans la salle de bain. Elle pensait se détendre sous une bonne douche chaude mais elle se retrouva à ressasser tout ce qu’Alexis lui avait reproché et au lieu de se délasser, elle se tendit encore plus en repensant à tout ce qu’elle avait fait endurer à cette famille. Jamais au grand jamais elle n’aurait pensé être haïe de la sorte par la jeune fille mais elle s’était trompée, et ce n’était pas ce qu’elle voulait.

En ressortant de la salle d’eau, elle prit un sac de voyage et y mit quelques affaires pour les jours à venir.

Dans un parc de la ville, un homme laissait échapper quelques larmes de désespoir. Il ne savait pas où la chercher. Il pensait la connaitre mais là il devait reconnaitre qu’il ne savait plus où aller. L’écrivain rangea son téléphone dans la poche intérieur de sa veste, se frictionna vigoureusement le visage chassant les traces que les larmes avaient laissées sur ses joues et se leva péniblement. La position sur ces balançoires avait légèrement engourdit ses jambes et c’est d’un pas peu assuré qu’il se dirigea vers sa voiture.  Il finit par se rendre au Old Haunt, secrètement il espérait la trouver là mais ne se faisait pas d’illusion.  Si elle cherchait à l’éviter elle n’allait surement pas se rendre dans son bar à lui.

Sur un trottoir de Tribecca une jeune fille hélait un taxi. Elle quittait un nid douillet pour retrouver son petit ami. Ashley avait un petit appartement proche du campus, elle allait le surprendre en venant le retrouver, et rester avec lui. Enfin, c’est ce qu’elle pensait.

À travers la vitre ses yeux regardaient les lumières de la ville sans vraiment les voir.

Comment en étaient-ils arrivés là ?

Elle adorait son père, son héros. Depuis qu’elle était bébé il avait pris soin d’elle, seul. Meredith, pourtant actrice, n’avait jamais endossé  son rôle de mère et ne se préoccupait pas d’elle sauf à de rare occasion ou elle passait en coup de vent par New-York.  Et là elle se retrouvait seule dans les rues de New-York, abandonnant son père. Elle espérait qu’il souffre autant qu’elle avait souffert. Le taxi la déposa enfin au pied de l’immeuble de son petit ami, elle leva la tête et aperçu la lumière à son étage. Elle resserra l’emprise sur la poignée de sa valise et abolit la distance qu’il lui restait à parcourir. Elle sonna, un léger sourire sur les lèvres. Le jeune homme qui ouvrit la porte ne pût cacher son étonnement.

- Alexis, mais que fais-tu ici à cette heure-ci. ?

Il baissa les yeux et vit la valise que la jeune rouquine tenait fermement.

 

Kate quant à elle avait fini de préparer son sac de voyage et se mit au lit espérant dormir un peu mais son esprit repassait sans cesse la conversation qu’elle avait eu avec Alexis. Cette jeune fille pourtant si mature, si posée avait éclaté au grand jour, la colère qu’elle avait en elle dans cette chambre avait surpris la belle détective. Une larme, puis une deuxième, puis un torrent dévala les joues de Kate et c’est autour des 3 heures du matin  qu’elle finit par s’endormir.

Martha qui arrivait de sa représentation  au théâtre trouva le loft très calme, son fils lui avait pourtant parlé de sa soirée avec Kate alors elle fût étonnée de ne trouver personne, il n’était pourtant pas si tard. Ne cherchant pas à comprendre plus loin, elle gagna sa chambre pour une nuit de repos bien venue.

Il était rentré au loft après avoir sillonné les rues de la ville cherchant en vain celle qui faisait battre son cœur, celle pour qui il donnerait tout, son âme, sa vie…. Il se laissa choir dans le canapé, première larme, il écouta le silence, ce silence signe de solitude, Alexis était partie, il le savait, elle n’avait pas jeté ses paroles dans le vide et connaissant son caractère elle n’avait certainement pas changé d’avis, deuxième larme. Il sortit son iPhone et contempla la photo d’accueil, Kate et lui faisant un selfie au Old Haunt, troisième larme qui fût suivie par toutes celle retenues jusqu’à maintenant. C’est comme ça qu’il s’endormit au salon, seul, triste, épuisé, désemparé.

Alexis avait rejoint son petit ami, installé sur le canapé, ils étaient tout heureux de se retrouver seuls mais Ashley sentait qu’elle n’était pas vraiment là, elle revoyait la tête de son père lorsqu’ils s’étaient engueulés quelques heures plus tôt. Son cœur se serra, c’était la première fois qu’elle s’énervait autant fort avec son père. D’habitude ils avaient des désaccords, ils discutaient, mettaient les choses à plat et le tour était joué. Mais là elle avait éclatée, maintenant elle s’en voulait un peu, pas sur le motif, mais sur la manière, elle n’avait jamais rien dit à son père sur son mal-être, sa peur de le perdre ou qu’il lui arrive quelque chose et là tout avait explosé tel une bombe atomique, sans aucun signe avant-coureur.

- Alexis ?

-…….

- Alexis, dis-moi ce qui s’est passé ?

Surprise, elle  retourna vers son petit ami un regard étonné.

- Ce qui s’est passé ? À propos de quoi ?

- Alexis, je vois bien que tu es préoccupée. Pour que tu débarque ici en pleine nuit avec une valise, il doit y avoir eu quelque chose.

Qu’il était doué. La rouquine se replaça contre son épaule, elle devait lui parler, lui expliquer, mais la douleur du refus de son père face à son ultimatum était encore trop vive. Son regard horrifié encore trop pénétrant. Ses mots encore blessant.  En petit ami respectueux, il ne voulait pas la forcer, elle parlerait quand elle se sentirait prête et la connaissant comme il la connaissait, ça n’allait pas trainer. Il avait eu un aperçut de la relation qu’elle avait avec son père, paternelle certes mais surtout fusionnelle. La main du jeune homme caressait son épaule et il la sentait plus détendue qu’à son arrivée. Elle, elle avait sa main agrippée à la chemise d’Ash, cherchant à calmer sa colère, sa peine au contact de son corps. Gentiment elle laissa sa main glisser de sa poitrine jusqu’à son genou, elle allait parler, il le sentait.  Elle s’éloigna lentement de ses bras et lui fit face. Ce qu’elle vit dans les yeux de son petit ami lui réchauffa le cœur, la compassion. La peine, qu’il partageait avec elle. Il allait l’écouter et en ce moment c’est la seule chose dont elle avait besoin.

- Je me suis disputée avec mon père.

Elle lui narra tout ce qui avait été dit au cours de la soirée au loft, autant avec Kate qu’avec son père. Ash ne disait rien il écoutait, enregistrait, de temps en temps un sourcil se levait. Étonnement ?? Désaccord ??? Incompréhension ??? Elle n’aurait pas su le dire mais il l’écoutait toujours.

A la fin de ses explications il n’avait toujours rien dit, c’est comme s’il cherchait à se détacher de l’histoire pour ne pas prendre parti ente Alexis et son père mais sa résolution ne résista pas longtemps.

- Alexis mais tu te rends compte de ce que tu as dit  au lieutenant Beckett ?

Alexis  releva un regard étonné vers lui. Elle lui avait expliqué en long en large et en travers le pourquoi de sa colère contre Kate, alors pourquoi ne la soutenait-il pas ?

- Alexis tu m’entends ?

- Oui, je t’ai entendu, mais toi as-tu compris ce que je viens de t’expliquer ?

Ash ne comprenait pas. Il avait vu le couple que formaient son père et le lieutenant. Il trouvait que c’était un duo bien assorti et que même s’il ne les connaissait pas bien, leur amour était indéniablement solide. Alexis n’avait jamais agi en enfant gâtée ni fait étalage de la notoriété de son père mais là elle avait dépassé les bornes. Il se leva du canapé, se passant nerveusement la main dans la nuque réfléchissant comment lui dire. Elle le rejoignit et lui caressa le bras. Il se retourna vivement mettant une certaine distance entre eux.

- Alexis, c’est toi qui me racontais comment ton père avait changé depuis qu’il côtoyait le lieutenant Beckett, qu’il avait mûri, qu’il s’était assagi, qu’il était heureux, tout simplement…... Et elle, n’a-t-elle pas toujours pris soin de lui ? Il ne lui est jamais rien arrivé de grave, tant qu’il est avec elle, il ne risque rien…

- Mais ça aurait pu…..

D’un signe autoritaire de la main, il la fit se taire, il devait lui dire ce qu’il avait sur le cœur, et ça, ce soir.

- Non Alexis, tu es simplement jalouse, ton père s’attache à une autre femme est ça tu ne l’accepte pas, voilà ton problème. Et ce que tu as dit au lieutenant ce soir c’est juste………..dégueulasse.

Alexis resta bouche bée devant les paroles de son petit ami. Elle qui pensait trouver du réconfort auprès d’Ash retomba de haut.

- Tu peux dormir dans mon lit ce soir, je prends le canapé, mais demain tu rentres voir ton père et essayer de te faire pardonner, si c’est encore possible.

Silencieuse et désappointée, Alexis prit sa valise et la tête basse alla dans la chambre, sur le seuil elle se retourna pour dire quelque chose mais Ashley s’était éloigné vers la fenêtre cherchant à mettre de la distance entre eux. Ils se couchèrent séparément et autant dans la chambre que dans le salon, le sommeil  les fuyait…

Alexis après s’être tournée et retournée sans arrêt se mit à ressasser les paroles de son copain. Avait-il raison ? Était-elle jalouse ? Jalouse de la relation qui unissait son père et Kate ?

Ses habitudes avaient la vie dure, même après s’être endormie très tard, Kate n’avait pas pu rester au lit plus que d’accoutumée. Assise sur son lit, elle se frotta le visage pour se réveiller, ses pensées allaient toutes vers lui, son équipier, celui à qui elle voulait ouvrir son cœur, leur laisser une chance de vivre en formant un nous, un  tout. Paresseusement elle s’extirpa de la douceur de sa couette pour se trainer sous la douche, elle laissa son corps se détendre sous le jet brûlant oubliant le temps qui passait, la mauvaise nuit et les évènements de la veille. Depuis qu’elle était levée, tous les gestes elle les faisait par automatisme comme si elle avait branché le pilote automatique et qu’elle se laissait guider au gré de son humeur. 

Accoudée au comptoir de la cuisine, Kate buvait son café, son sac était bouclé, elle allait partir. L’appartement sécurisé, elle descendit au garage, sortit sa bécane de son box et fit ronronner le moteur de sa Harley, son plus fidèle destrier. Le baluchon rangé dans le top caisse, son corps paré de l’équipement type du biker, elle prit la route.  Quelle route ? Quelle direction prendre pour s’éloigner de lui, de cette ville, de ses tourments. Alors elle prit ne route qu’elle connaissait mais qu’elle n’avait plus empruntée depuis longtemps. Elle s’arrêtera en chemin pour envoyer un SMS à son père.

Alors que la belle brune prenait la route, quelques quartiers plus loin, l’écrivain  se réveillait en criant de surprise lorsqu’un claquement de porte se fit entendre dans la cuisine.

- Ahhhh !!! Cria Martha en entendant son fils crier. Tu m’as fait une peur bleu Richard.

- Désolé ! Mais toi aussi tu m’as fait peur !! dit-il en se levant et en rejoignant sa mère à la cuisine.

- Mais aussi qu’est-ce que tu faisais coucher au salon ?

Il s’installa au bar en face d’elle, le regard fatigué et triste. Martha n’était pas dupe, elle voyait bien que quelque chose n’allait pas et que cela minait son fils.

- Que s’est-il passé ? C’est Alexis, elle a eu un accident ?

- Non non pas du tout mère, elle va bien.

- Alors pourquoi tu fais cette tête de déterré si tout va bien ?

Soudain elle réalisa que lorsqu’elle était rentrée la veille elle aurait dû les trouver tous les trois attablé mais au lieu de ça elle avait trouvé loft vide et silencieux.

- Oh mon Dieu, c’est Kate, il est arrivé quelque chose à Kate. Demanda-t-elle d’une voix tremblante avec presque les larmes aux yeux.

Rick lui prit les mains et s’empressa de la rassurer.

- Non mère elle aussi va bien,………………..enfin je crois. Prononça-t-il tout bas.

Martha soupira de soulagement mais tiqua à la dernière remarque de son fils.

- Comment ça « tu crois » ? Ne devais-tu pas la voir hier soir ?

- Si mais ça ne s’est pas passé comme prévu.

- Richard, ne me dis pas que tu as………

- Non mère, cette fois j’y suis pour rien.

- Oh…………..et…… ?????

Rick ne voulais pas évoquer cette soirée désastreuse devant sa mère mais il la connaissait trop bien et il savait qu’elle n’allait pas abandonner aussi vite donc il lui relata l’altercation qui avait eu lieu la veille entre Alexis et Kate et la dispute  qui s’en était suivie entre eux deux.

Matha avait écouté toute l’histoire écarquillant les yeux au fur et à mesure que l’histoire avançait.  Elle ne pouvait croire que sa petite-fille ai dit toutes ses choses  à son père.

- Richard, c’est……

- Je sais, je  n‘en croyait pas mes oreilles lorsqu’elle a débité toutes ses horreurs. Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête.

Il enfoui son visage entre ses mains  alors que le fin de la phrase mourut dans un sanglot.

- Je crois qu’elle m’en veut de l’avoir délaissée ces derniers temps…….

- Chéri non ! L’interrompit Martha. Ne te culpabilise pas, ce n’est pas ta faute.

La matriarche contourna le bar et vint enlacer son fils, la peine et la tristesse qui l’accaparait lui faisait énormément de peine. Elle savait les sentiments que Richard éprouvait pour la détective et elle n’osait imaginer la suite s’il ne la retrouvait pas.

- Qu’est-ce que je peux faire pour toi mon chéri ?

Il releva vers elle ses yeux rougit et lui offrit tout de même un léger sourire.

- Merci mère mais je ne pense pas que tu puisses m’aider. La seule chose que je puisse faire c’est de la retrouver et essayer de rattraper la bêtise de ma fille.

- Et où est  Alexis maintenant ?

- Je ne sais pas, je pense qu’elle a mis à exécution sa menace et qu’elle a quitté le loft. Mais franchement mère, je ne pensais jamais dire ça un jour mais elle est le cadet de mes soucis actuellement. J’aime Alexis, c’est la chair de ma chair, j’ai tout fait pour elle mais ce qu’elle a fait et dit hier, je ne sais pas si je pourrais lui pardonner un jour.

Après quelques hésitations et sur insistance de son fils, Martha retourna au théâtre vaquer à ses occupations.

Rick quant à lui, tournait en rond dans son loft luxueux. Il se morigénait, comment n’avait-il rien vu venir ? Comment avait-il pu passer à côté de la jalousie de sa fille ? Pourtant il la voyait tous les jours, il y aurait dû y avoir des signes. Il chercha à se remémorer la dernière discussion qu’il avait eu avec sa fille. Il chercha, chercha, jusqu’à ce qu’il trouve, et cela faisait un bout de temps que cela avait eu lieu. Soudain il prit conscience que tout ce que sa fille lui avait craché au visage était justifié, elle avait peut-être exagéré mais avait en partie raison. Il avait délaissé sa fille, un peu trop ses derniers temps.

Fâché contre Alexis et son comportement mais surtout contre lui-même, il se leva bien décidé à les retrouver et à les reconquérir, toutes les deux. Mais d’abords Kate. Il prit sa voiture et se rendit à la morgue, il allait se faire incendier par la légiste mais ça valait le coup, pour elle.

D’un geste décidé, il poussa la porte de la morgue ce qui fit sursauter Lanie et lorsqu’elle se retourna, il vit dans son regard vindicatif qu’elle était au courant de quelque chose.

- Bonjour Lanie.

- Qu’est-ce que vous faite là l’écrivaillon ?

- Vu votre accueil je suppose que Kate vous a mis au courant de notre fiasco de hier soir.

Elle s’approcha aussitôt de lui d’un air menaçant ce qui le fit reculer d’un pas.

- Écoutez Lanie, je ne sais pas ce qu’elle vous a dit mais il ne s’agit pas de moi cette fois-ci !

Elle lui posa furieusement l’index sur le torse, ce qui le fit gémir, en prononçant des paroles menaçantes.

- Si ce n’est pas de votre faute, vous allez me raconter tout, et je dis bien tout ce qui s’est passé hier….

- Heu tout ?? Demanda Rick inquiet.

- Oui tout !

-Bon alors hier matin je me suis levé vers huit heure comme d’habitude…..

Il ne pût continuer, Lanie lui replanta l’index encore plus fort.

- Aïeuuuu mais ça fait mal…..

- Alors arrêtez de vous moquer de moi, que s’est-il passé hier soir.

- Ha, OK…

Rick lui relata la soirée et tout ce qui s’était dit entre lui et Alexis après que Kate soit partie.

- Wah, je n’aurais jamais cru ça de la part d’Alexis. Soupira la légiste.

- Moi non plus…..mais maintenant je dois retrouver Kate, Lanie si tu sais quelque chose je t’en prie dis le moi.

- Désolé Castle mais je n’en sais pas plus.

Elle soupira et prit son téléphone, elle lui montra le SMS qu’elle avait reçu la veille.

«  Je m’absente quelques jours. Besoin de changer d’air. Bises. »

- Voilà, c’est tout ce que je sais. Je n’ai pas eu d’autre nouvelles.

Rick s’accouda à la table d’autopsie, vide, et cacha son visage entre ses mains. Il était persuadé que Lanie aurait pu l’aider.

- Lanie, tu es sûr de me dire tout ce que tu sais ?

- Écoute, je sais qu’elle tient à toi plus qu’elle ne veut se l’admettre, et si je savais où elle est je te le dirais, je vois que tu es inquiet, et moi aussi faut dire. Ça ne lui arrive jamais de disparaître comme ça.

- Je ne sais plus quoi faire ni qui aller voir, Gates ne l’a pas vue et toi non plus !

- T’as vu Gates ?

- Oui, hier soir je suis sortis pour la chercher et  je suis venu ici mais elle ne l’avait pas vue.

- Mais si elle n’est pas au boulot elle doit avoir averti Gates maintenant. Alors je vais monter demander à la voir et on verra ce qu’elle me dit.

Rick lui fit un petit sourire et s’assit alors que Lanie sortait de la morgue.

Elle avait pris la route pour un endroit isolé en pleine forêt de Sterling au nord de New York. Comme elle n’était pas pressée, elle avait pris les routes moins fréquentées mais plus sinueuses ce qui lui permis d’apprécier, avec sa bécane,  les longues courbes tendues qui s’offraient à elle. Kate roulait depuis une petite heure et demie  lorsqu’elle arriva à la petite ville de Tuxedo, elle connaissait un petit parc qui serait idéal pour faire une pause au soleil et elle en profiterait pour appeler son père. Elle parqua sa moto, prit une bouteille d’eau dans le top case et s’assit sur un banc. Le parc était désert à cette heure et en semaine ce qui le rendait plus poétique, le bruit du vent dans les feuilles, de la rivière qui coulait non loin de là et  des canards qui y barbotaient. Le calme, la tranquillité, elle n’aspirait qu’à ça et rien d’autre pour quelques jours. Finalement elle composa le numéro de son père au lieu de lui envoyer un SMS. Il décrocha au bout de trois sonneries.

- Salut ma Katie ! Que me vaut l’honneur d’un coup de fil de si bon matin.

- Bonjour papa. Je voulais juste prendre de tes nouvelles !

- C’est gentil ma chérie, je vais très bien. Je suis invité chez des amis ce weekend, je ne les avais plus revus depuis quelques temps et je suis vraiment content de les revoir. Je pars vendredi soir et le les rejoint là-bas…

- Oh c’est super, j’espère que tu passeras un bon weekend. Et tu seras de quel côté alors ? 

- Ils ont une petite maison du côté de Pelham bay park.

- Wah, alors connaissant l’endroit, ce ne doit pas être seulement une petite maison.

- Oui, je dirais plus tôt un palais.

Kate rigola devant la bonne humeur de son père, elle était heureuse qu’il ait pu reprendre le dessus et que l’alcool soit un lointain souvenir, mais un souvenir tout de même toujours présent.

- Et toi Katie, toujours accrochée à ton boulot.

C’était le moment, comment lui dire sans trop en dire pour pas qu’il ne s’inquiète.

- Ben non tu vois, pour une fois je ne suis pas au bureau.

- Oh, que t’arrive-t-il ? Tu es malade ? demanda-t-il inquiet.

Elle ne put s’empêcher de sourire à cette remarque. C’est vrai que les rares fois où elle n’était pas allée travailler c’est lorsqu’elle avait été bien malade ou pour sa convalescence après le tir du sniper.

- Non ça va bien, j’ai juste eu une affaire compliquée et j’avais besoin de m’éloigner pour décompresser alors j’ai pris la moto et je suis sur  le chemin de ta cabane. J’espère que ça ne te dérange pas ?

- Mais non, c’est aussi ta cabane, tu y vas quand tu veux mais je t’en prie sois prudente sur cet engin.

- Oui papa,  promis je fais attention.

 - Et pense  à faire quelques provisions car il n’y a que le strict minimum là-bas.

- Ok, merci et passe un bon weekend. Je t’aime papa.

- Repose-toi bien chérie, moi aussi je t’aime. Bye.

Lorsqu’elle raccrocha elle vit qu’elle avait toujours un message  non lu. Elle ouvrit sa boîte mais savait pertinemment de qui il provenait. Castle. Elle prit son courage à deux mains et  écouta le message :

« Kate je t’en prie rappelle-moi. Je sais ce que t’a dit Alexis et……. »

Juste avant qu’il ne raccroche, il lui avait semblé avoir entendu un sanglot. Elle s’en voulait de lui faire de la peine. Alors même si ça lui faisait mal et qu’il savait pourquoi elle avait fuis, elle allait les laisser en paix, comme l’avait demandé Alexis et peut-être qu’avec le temps elle pourrait l’oublier.

 


caskett71  (27.08.2017 à 22:24)

CHAPITRE 4 : REMORDS

 

Alexis avait eu une nuit très agitée. Dès qu’elle s’endormait, elle voyait son père en danger à cause de ce qu’ils s’étaient dit la veille, elle le voyait rechercher Kate désespérément  et ne plus penser à autre chose quitte à prendre des risques inconsidérés, alors elle se réveillait en sursaut et se mettait à pleurer en pensant au mal qu’elle lui avait fait. Et à Kate.

Était-ce possible que Ashley ai raison et que ce soit sa jalousie qui l’ai poussée à bout et à déballer toute sa rancœur sur Kate. Mon Dieu, quelle monstre elle faisait. Pourtant au début elle l’aimait bien, elle s’était même surprise à vouloir lui ressembler, Kate, une femme forte, d’une droiture exemplaire. Elle cacha son visage dans le coussin et laissa libre cours à ses larmes. Des larmes de tristesse mais aussi de colère contre elle-même.

Comment avait-elle pu agir de la sorte avec Kate.

Au petit matin, en entendant du bruit, elle finit par se lever. Elle rangea la chambre, referma sa valise et rejoignit son petit ami à la cuisine. Il s’occupait du petit déjeuner et avait préparé du café. Elle le  contempla un instant  depuis le pas de la porte jusqu’à ce qu’il se retourne et la découvre là, le visage fatigué, les yeux cernés.

- Hey !

- Hey ! répondit-il avec un léger sourire. Bien dormi ?

- Oh non, vraiment pas bien.

- Le contraire m’eût étonné. Allé viens manger.

Elle s’installa à table en face de lui et entama son repas lentement. Elle sentait son regard réprobateur posé sur elle et cela la rendait mal à l’aise.

- Je te remercie de ne pas m’avoir mise dehors hier soir !

- Ce n’est pas l’envie qui manquait.

Elle leva des yeux affolés vers lui.

- Non, t’en fais pas, j’aurais jamais pu faire ça à ma petite amie, même si c’est une bourrique doublée d’une tête de mule. Mais franchement, j’ai passé la nuit à ressasser tout ça et je ne comprends toujours pas comment tu as pu faite une chose pareil à ton père ?

- Je sais, j’ai été odieuse.

A son tour il leva vers elle un regard sidéré.

- Oui, moi aussi j’ai repassé toute la dispute que j’ai eue avec Kate et avec toi et je me suis vraiment trouvée exécrable.

Il se leva, contourna la table et vint poser délicatement un baiser sur ses lèvres ce qui la surprit un peu mais lui fit énormément de bien. Elle lui rendit son baiser avant qu’il ne reprenne sa place. Elle retrouva un peu de couleur et commença à imaginer comment se racheter auprès de son père pour commencer et ensuite auprès de Kate.

Une heure plus tard, elle était rentrée au loft mais comme elle s’y attendait, il était vide. Elle vit le lit de son père défait et fût soulagée qu’il ait dormi là. Assise au salon, elle cherchait par quoi commencer. Comment se faire pardonner. Elle ravala sa fierté, prit son iPhone et rédigea un message.

 

«  Je suis désolée pour hier soir papa, j’ai été odieuse avec toi et Kate. Où es-tu ? JTM »

 

Elle garda le téléphone à portée de main et laissa couler quelques larmes, de tristesse, de détresse et certainement aussi de fatigue. Elle se coucha sur le canapé et réfléchit à ce qu’elle pourrait faire pour réparer sa bêtise.

 

                  ******************************************

 

Lanie arriva à l’étage des bureaux et un coup d’œil circulaire suffit pour constater qu’effectivement Kate n’était pas là. Ryan et Espo étaient à la salle de pause devant des cafés fumants. Le capitaine Gates assise à son bureau vaquait à ses occupations, certainement de piles de dossiers à lire et contresigner. Saluant les agents en uniformes elle se dirigea vers le bureau de leur chef espérant avoir des réponses à fournir à Castle. Elle toqua trois coups à la porte vitrée, ce qui fit lever la tête au gars en salle de pause. Gates elle ne bougea pas et répondit :

- Entrez !

Lanie ouvrit à moitié la porte vitrée et entra.

- Bonjour capitaine.

- Oh bonjour Docteur Paris. Que puis-je pour vous ?

- En fait je cherche le lieutenant Beckett, mais je n’arrive pas à la trouver et comme je vois que les lieutenants Ryan et Esposito sont là je me dis qu’elle n’est pas sur une scène de crime. Alors, est-ce que vous savez où je peux la trouver ?

Victoria Gates, forte de ses années d’expériences au sein de la police de New-York et de la police des polices se doutait bien que cette visite cachait autre chose et elle se doutait de quoi il s’agissait.

-  Pour quelle raison voulez-vous la voir ? Il n’y a pas d’enquêtes en cours à ce que je sache.

Légèrement empruntée, la légiste retomba finalement bien vite sur ses pieds.

- Heu en fait ça ne concerne pas le travail mais comme je n’arrive pas à la joindre je m’étais dit que….

- Que je savais tout de l’emploi du temps de mes lieutenants ??? Rétorqua Gates irritée par cette intrusion.

- Non ce n’est pas ce que je voulais dire chef…………..désolée de vous avoir dérangée.

Lanie allait quitter le bureau lorsque Gates l’arrêta.

- Docteur Parish.

- Oui !

- Tout ce que je peux vous dire c’est que le lieutenant Beckett m’a demandé quelques jours de disponibilité. Pour raison privée…..

- Oh d’accord, et vous savez si elle devait partir ? Osa la légiste.

Gates soupira d’agacement, elle la prenait pour les renseignements ma parole…… mais d’un côté elle n’en voulait pas à Lanie de se faire du souci pour sa meilleur amie.

- Non désolée, elle ne m’a pas dit ce qu’elle comptait faire mais cela m’étonne qu’elle ne vous en ai pas parlé, à vous son amie.

- Moi aussi. Soupira-t-elle.

Lanie, heureuse d’avoir enfin eu une réponse, mais blessée par le constat que venait de faire Gates sorti la tête basse.

- Merci capitaine, et désolée de vous avoir dérangée.

- Bonne journée docteur.

- Hm ! Merci. À vous aussi.

En allant vers l’ascenseur, elle jeta un coup d’œil en direction des bros qui finissaient leur café. Espo lui lança un sourire charmeur auquel elle répondit un peu plus timidement. En chemin pour rejoindre Rick elle repensa à ce que Gates venait de lui dire. « cela m’étonne qu’elle ne vous en ai pas parlé, à vous son amie ». D’habitude Kate se confiait à elle lorsque ça n’allait pas alors pourquoi pas cette fois-ci. Pourtant hier soir elle était disponible, elle n’avait pas quitté son appartement de toute la soirée.

A la  morgue, elle retrouva Rick toujours assis la tête entre les mains perdu dans ses pensées. Il sursauta lorsqu’elle poussa la lourde porte de métal.

- Oh Lanie enfin ! Tu as pu savoir quelque chose ? demanda-t-il en se levant.

- Oui et non !

- Comment ça, c’est oui ou c’est non ? demanda Rick perdu !

- Je sais que Kate n’est pas là, elle a demandé quelques jours de disponibilité pour raison personnelle.

- Oh non ! Mais est-ce qu’elle sait où elle est allée ?

- Non, désolée, Gates n’en sait pas plus.

Rick se laissa tomber lourdement sur la chaise. Comment je vais la retrouver.

Lanie le regardait chagrinée de voir son ami dans cet état mais ne savait plus quoi faire d’autre. Elle posa une main réconfortante sur son épaule.

- Je suis désolée Castle…

- Désolée, mais de quoi, tu n’y es pour rien.

- Oui je sais mais j’aurais voulu pouvoir faire plus.

- Tu m’as déjà  bien aidé, tu as osé affronter Iron Gates pour avoir cette information. Alors merci.

Ils furent interrompus par le téléphone de Rick qui annonçait l’arrivée d’un message. Pensant que cela pouvait être Kate, il s’empressa de le sortir mais déchanta bien vite lorsqu’il vit que c’était Alexis.

- Qu’est-ce qu’elle me veut encore celle-là, elle n’a pas fait assez de dégâts pour aujourd’hui ?

- Qui est-ce ? S’inquiéta Lanie étonnée par la rage qui se dégageait  de ses paroles.

- C’est Alexis ! Dit-il énervé mais ouvrant tout de même le message.

- Castle, ce qu’a fait Alexis est horrible mais n’oublie pas que c’est ta fille et tu n’en a qu’une !

Elle vit le visage de Rick reprendre quelques couleurs, et se détendre.

- Alors, qu’est-ce qu’elle dit ?

Il ne répondit pas mais tourna son téléphone vers elle pour qu’elle puisse lire elle-même le message. 

«  Je suis désolée pour hier soir papa, j’ai été odieuse avec toi et Kate. Ou es-tu ? JTM»

- Tu vois, elle regrette déjà.

- Ouais mais le mal est fait et ça ne va pas m’aider à la retrouver. Et connaissant Kate, j’ai peur qu’elle se sacrifie pour qu’Alexis ne souffre plus et je ne la reverrais plus….je ne sais même pas par où commencer à chercher.

Les trémolos dans la voix, il se leva et quitta la morgue avant de craquer devant la légiste.

Lanie le regarda partir le dos vouté, il semblait avoir pris dix ans d’un seul coup.

Castle rentra au loft et trouva sa fille endormie sur le canapé. Sans bruit, il s’assit dans le fauteuil en face d’elle et la regarda. Il repensait à la petite fille adorable qu’elle était étant petite, tout le monde l’enviait d’avoir une fille aussi sage et bien élevée. Comment tout ça  avait pu dégénérer autant.

Perdu dans ses pensées, il ne la vit pas émerger de son sommeil et s’assoir en face de lui les yeux rougit.

                    ********************************************

 

En début d’après-midi, Kate et son engin  défiaient les lois de la gravité et la force centrifuge en parcourant les derniers kilomètres à tombeau ouvert. Elle penchait sa moto à la limite du décrochage dans les longues courbes qui la séparait encore de son lieu de résidence pour les jours à venir. Sans s’en rendre compte elle avait un peu trop accéléré et  dans un virage à gauche, elle pencha tellement que le haut de son corps dépassait la ligne blanche alors lorsque la voiture arrivant en face se déporta légèrement pour amorcer elle aussi la courbe, le bras de Kate frôla le rétroviseur de la voiture ce qui la déséquilibra et faillit lui faire perdre la maitrise de son engin. Une fois rééquilibrée et la montée d’adrénaline passée, elle prit conscience que cela aurait pu lui être fatal et lâcha la poignée des gaz pour adopter une allure plus raisonnable.

Elle avait promis à son père d’être prudente mais l’énervement, les sentiments d’impuissance et de mal être avaient fait qu’elle s’était laissé aller à prendre des risques, certes involontaires, mais le résultat aurait pu être dramatique. Mon Dieu ! Son père, s’il venait à la perdre elle aussi, il ne s’en remettrait pas. Elle était tout ce qui lui restait. Elle finit par rallier Greenwood Lake  en gardant un œil sur le compteur et ne dépassa pas les septante kilomètre heure autorisé. Une bâtisse en bois très colorée, le New-York Renaissance, une station-service qui faisait aussi office de magasin, le Roaster café, un petit bistro de campagne et  la marina Willow point encerclé de petites maisons, c’est tout ce que comptait ce petit patelin mais c’était suffisant pour elle.

Elle s’arrêta à la station-service, profita pour remplir son réservoir et fit quelques achats pour subsister quelques jours seule à la cabane. Le gérant de l’échoppe la reconnu, plus jeune ils avaient sympatisés. Elle venait souvent avec ses parents passer les weekends, surtout l’été quand l’air de la ville devenait irrespirable, et c’était aussi ici qu’elle s’était réfugiée il n’y a pas si longtemps, pour sa convalescence après le tire du sniper.

- Tiens, salut Kate, comme ça me fait plaisir de te revoir par ici. Dit-il enjoué de la revoir.

- Salut  Kris. Moi aussi je suis contente de te revoir.

- Tu vas rester longtemps par ici ?

- Quelques jours, peut-être une semaine.

- Ok. Si tu veux faire une balade un jour viens me voir, on pourrait faire une virée jusqu’à Warwick.

- Je ne sais pas, je pensais plutôt rester tranquille mais je te fais signe si je change d’avis.

Le jeune homme avait bien vu que son amie n’était pas dans un bon jour et n’insista pas auprès d’elle.

- D’acc, on fait comme ça. A plus.

- A bientôt Kris, et merci.

Elle rangea ses achats dans son sac à dos en redémarra pour rejoindre sa destination finale. Il ne lui restait que quatre ou cinq kilomètres avant de pouvoir enfin s’installer et décompresser.

Ce que son père et elle  appelaient une cabane était en fait un joli petit chalet style cabane au canada, en rondins de bois brut surmonté d’une grande cheminée en pierre. Une véranda surélevée et couverte  où l’on pouvait mettre une table et des chaises garnissait l’entrée.

Elle parqua sa moto à l’arrière sous un couvert et s’étira mollement, elle attrapa tout son barda, mine de rien il en allait des choses dans ces top cases ! Elle posa tout ça devant la porte et partit à la recherche de la clé, qu’elle trouva comme toujours, bien cachée.

Elle avait rangé ses affaires et aéré les pièces car ça faisait tout de même quelques mois que personne n’était venu. Il était presque 14 heures et la faim se fit sentir, elle prit le sandwich et la boisson achetée chez Kris et s’installa sous le couvert sur une chaise à bascule.

              *****************************************

 

Rick sursauta lorsque sa fille lui adressa la parole, perdu dans ses pensées il ne l’avait pas vu se réveiller et s’assoir face à lui.

- Papa, je suis désolée, j’ai…..

- Tu peux l’être Alexis, ce que tu as fait et juste….….je ne trouve pas de mot tellement tu m’as déçue. C’est pas comme ça que je t’ai élevée. Cria-t-il énervé contre sa fille.

Rick se cala contre le dossier du fauteuil, les paumes sur les yeux cherchant à retenir les larmes qui menaçaient à nouveau de couler.

Entre temps Alexis s’était rapprochée et était désormais à genou devant son père. Elle ne savait pas comment agir pour se faire pardonner alors elle posa sa main sur son  genou, lui faisant sentir sa présence. Rick rouvrit les yeux et la dévisagea perdu, sa fille se tenait là, devant lui mais il avait l’impression de voir une étrangère. Il avait pu retenir ses larmes mais la tristesse se lisait sur son visage, une tristesse qui renvoya au visage d’Alexis la cruauté des mots lâchés contre Kate la veille dans sa chambre.

- Papa, j’ai été horrible avec Kate et je m’en veux énormément alors je vais tout faire pour t’aider à la retrouver.

Rick toujours remonté contre sa fille ne pouvait pas  encore lui pardonner, elle avait dépassé les limites de l’entendement.  La colère contre sa fille était un peu retombée mais il fallait qu’il agisse, qu’il réagisse pour  retrouver la femme qu’il aimait. Il se promit que lorsqu’il l’aurait retrouvée, il lui ferait part de ses sentiments. Les derniers jours qu’ils avaient passé ensemble, elle avait fait quelques allusions et avait laissé entendre qu’elle tenait à lui mais pas seulement comme un ami. Requinqué  par ses souvenirs, il se leva et se dirigea vers la porte déterminé à la retrouver.

- Je sors, je vais retourner tout Manhattan s’il le faut mais je la retrouverais.

Alexis se leva à son tour, elle voulait l’accompagner, essayer, aider, mais il l’arrêta d’une main ferme.

- Non Alexis, j’y vais seul.

Et il quitta le loft devant l’air inquiet et peiné de sa fille.

Alexis dépitée se laissa tomber dans le fauteuil et reprit ses esprits. Fatiguée d’une nuit sans sommeil et lasse de chercher comment aider, elle finit par s’endormir recroquevillée sur le fauteuil.

 

Après une journée passée au théâtre, Martha regagna le loft, il était 17 heures et tout était calme. Elle supposait  que Richard ne serait pas là mais  jamais elle ne s’attendait à trouver cette personne sur le canapé du loft. Excédée, elle posa bruyamment son sac et ses clés sur le bar  ce qui fit sursauter la jeune rouquine  qui s’était assoupie au salon. Elle se retrouva assise en un éclair et fût surprise de découvrir sa grand-mère qui la fixait durement.

Martha, accoudée au bar dévisageait sévèrement sa petite-fille. Plus elle la regardait, plus elle se demandait comment cette jeune fille si douce et aimable avait pu se transformer en  un être injuste et odieux.

Alexis fixait sa grand-mère et au regard que l’ainée lui lançait, elle comprit que son père lui avait raconté leur prise de tête de la veille. Honteuse, elle baissa les yeux et tritura sa manche, elle savait qu’un sermon allait suivre mais elle savait aussi qu’il serait mérité.

La matriarche s’approcha et s’installa au salon en face de la jeune fille.

- Qu’est-ce qui t’es passé par la tête Alexis ? Demanda calmement la plus âgée de rouquine.

- Je……je ne sais pas.

La jeune fille se lava et commença à faire les cent pas au travers du salon.

- Est-ce que tu réalises que tout ce que tu as dit à Kate était gratuit et méchant.

 - Oui, quelqu’un m’a ouvert les yeux cette nuit.

Alexis s’installa sur le canapé à côté d’elle  et devant son regard interrogateur précisa.

- Je suis allée me réfugier chez Ashley et il a tout de suite deviné qu’il s’était passée quelque chose de grave, je lui ai tout raconté et là le soutien que j’espérais s’est retourné contre moi. Il  m’a dit mes quatre vérités, et là je me suis rendue compte que j’avais tout mis sur le dos de Kate car en fait j’étais jalouse, jalouse de la relation qu’elle a avec papa et j’en avais marre de le voir souffrir à cause d’elle. Avant j’étais le centre du monde pour lui et maintenant  je me sens mise de côté.

- Oh Alexis, tu sais que tu es tout pour ton père.

- Oui je sais mais j’ai eu peur.

Alexis laissa s’échapper les quelques larmes encore retenues et se blottit dans les bras de sa grand-mère essayant de calmer ses doutes et ses angoisses.

- Ma chérie, ton père ne t’abandonnera jamais,  même si avec Katherine ils arrivent un jour à communiquer sur leurs sentiments, qui j’en suis certaine sont réciproques.

- Maintenant je le sais, enfin, je crois que je l’ai toujours su mais j’avais besoin d’extérioriser mais craintes par rapport à ça,  je ne voulais pas faire souffrir Kate……………….oh mon Dieu, avec  tout ce que je lui ai dit, elle ne me le pardonnera jamais.

Et les larmes redoublèrent en flot incessant, mouillant la blouse colorée de Martha.

- Tu sais ma chérie, je pense que Kate est capable d’énormément d’empathie. Elle n’a aucune once de méchanceté en elle alors je suis sûr que quand  ton père l’aura retrouvée et que le calme sera revenu, elle te serrera dans ses bras et te dira qu’elle  comprenait ta réaction et ne t’en voudra pas le moins du monde.

- Merci grand-mère, merci de ne pas m’en vouloir.

- Ce n’est pas à moi de t’en vouloir.

Elles restèrent ainsi enlacées encore un bon moment avant que les yeux de la jeune rouquine se sèchent enfin.

 


caskett71  (28.08.2017 à 23:07)

CHAPITRE 5 : Peine

À une centaine de kilomètre de là, Kate avait délaissée la véranda pour s’installer assise sur la berge de Greenwood Lake, un café fumant posé sur le sable devant elle. Son esprit l’emmenait deux trois ans en arrière, elle se revoyait détester Castle pour s’être imposé à elle comme il l’avait fait. Puis elle avait appris à connaitre Rick Rodgers et là ses préjugés sur l’homme public s’estompèrent petit à petit.  Certes  c’était un gamin insolent et capricieux mais elle avait commencé à l’apprécier, comme ce jour-là au stand de tir ou il s’était joué d’elle en lui faisant croire qu’il ne savait pas manier une arme, au final il avait mis trois fois dans le mille et avait pu emporter les photos des bijoux.

Elle devait bien reconnaitre qu’il s’était rendu utile dans plusieurs situations et que ses élucubrations menaient parfois à trouver la bonne solution et permettaient de résoudre des enquêtes bien tordues. La présence d’un bout en train comme Castle mettait un peu de bonne humeur et de joie dans leur boulot pas toujours facile. Lorsqu’elle devait aller annoncer la mort d’un proche à une famille, elle se ressourçait dans le regard bleu profond de Castle et cela lui donnait la force de continuer de se battre pour que justice soit faite et honorer les victimes, permettre aux familles de faire le deuil. Deuil qu’elle-même n’avait jamais pu faire suite à la mort de sa mère. À cette pensée, ses doigts fins caressèrent la bague qui ornait son cou depuis près de treize années. Sa mère lui manquait tous les jours mais c’était surtout dans des moments comme ceux-ci qu’elle avait besoin d’une mère, pouvoir se confier, bénéficier de conseils, sollicité ou non,  pouvait avoir du bon. Mais Johanna n’était plus là pour guider sa fille, pour l’accompagner sur le chemin tortueux des sentiments et de l’amour.

Une volée de canard sauvage prit son envole et tira la belle détective de ses sombres pensées. Elle se rendit compte que la nuit était presque tombée et que même étant en  juin, dès que le soleil disparaissait à l’horizon, les soirées se faisaient plus  fraiches. Elle prit sa tasse et retourna au chalet, un petit feu de cheminée, un repas vite fait et vite englouti ponctua sa journée.

Après avoir tout rangé et tout fermé en bas elle se glissa sous les draps frais et sombra bien vite dans les méandres d’une nuit réparatrice.

                     *************************************************

Rick arpentait toujours les rues de la grande Pomme à la recherche de Kate, des endroits où elle serait susceptible de se réfugier mais les idées commençaient à manquer. Lorsqu’il passa devant l’enseigne d’un grand restaurant, il repensa à l’amie de Beckett. Un léger sourire naquit sur ses lèvres en repensant à Madison et de l’enquête qu’il avait menée dans son restaurant, le Q3, il avait appris de choses sur RebelBeck et les jeunes années de sa détective préférée. Sans attendre, il fit demi-tour  et se rendit au restaurant de Madison Keller. En entrant dans le restaurant chic, Rick retrouva un regain d’énergie et d’espoir. Il se dirigea vers  Madison qui était occupée derrière son pupitre avec son carnet de réservations.

- Bonjour Madison.

La jeune femme releva la tête étonnée de revoir l’écrivain.

- Oh bonjour Richard. Comment allez-vous ?

- Bien merci.

- Vous désirez réserver une table ?

- Heu non, pas cette fois-ci !

Devant la mine inquiète de Castle, elle commença à se poser des questions.

- Qu’est-ce qui se passe, vous avez l’air préoccupé. Il est arrivé quelque chose à Kate ?

- Ben en fait oui et non.

- Comment ça ?

- Je l’ai invitée hier soir et ça s’est mal passé, elle est partie précipitamment et depuis je la cherche….vous êtes mon dernier espoir.

Madison sentit la colère monter en elle, il y avait longtemps qu’elle n’avait plus revu Beckett avant cette fameuse affaire  mais depuis elles étaient restée en contact régulièrement et elle ne tolérait pas que qui que ce soit lui fasse du mal.

- Si vous lui avez fait du mal vous aurez à faire à moi Monsieur Castle.

- Non non, en fait c’est avec ma fille que ça s’est mal passé. Jamais je ne lui ferais de mal, je l’aime trop pour ça.

Devant l’inquiétude évidente de son visiteur, elle se radoucit et chercha à comprendre.

- Donc Kate et votre fille ont eu des mots et depuis elle est introuvable, c’est bien ça ?

- Oui, et j’espérais qu’elle vous ait contacté ou bien dit ou elle comptait se rendre, elle n’est plus chez elle et Lanie a pu découvrir qu’elle avait pris une semaine de congé.

La restauratrice fronça les sourcils, son anxiété grandissant aussi.

- Je suis désolée mais je n’ai pas eu de nouvelles depuis notre dernière soirée entre filles il y a deux semaines.

- Oh, tant pis ! Merci quand même Madison.

- Désolée de ne pouvoir faire plus, et tenez moi au courant…

Rick laissa retomber ses épaules, il avait espéré que…………….mais non, elle était vraiment partie sans rien dire. Désappointé, il tourna les talons.

Deux jours, cela faisait deux jours qu’il tournait en rond au loft ou qu’il sortait arpenter les rues de la grande Pomme espérant croiser le chemin de sa détective mais rien, il repassait tous les jours à son appartement, au parc, aux alentours du poste, même Lanie n’avait pas eu d’autre nouvelles depuis le message reçu le jour de la dispute alors il rentrait toujours plus abattus, toujours plus malheureux. Alexis et Martha le regardaient dépérir, elles étaient témoin de sa descente aux enfers. Alexis s’en voulait, le voir dans cet état lui renvoyait en pleine face la douleur et les horribles choses qu’elle avait dites à Kate. Dans sa chambre, elle cherchait, cherchait, et soudain une idée, et si……..

               *******************************************

A Greenwood Lake, Kate occupait ses journées par des balades le long des berges, quelques longueurs dans le lac, il n’était pas très chaud mais lorsqu’on veut se défouler, se dépenser, c’était tout à fait supportable.

Jeudi en fin de journée elle prit sa moto et  se rendit au magasin de Kris faire quelques emplettes pour remplir ses placards.

- Salut Kate, comment ça va aujourd’hui ? L’accueilli le patron content de la revoir.

- Salut Kris. Ça va bien merci et toi.

- Super bien, je ne travaille pas demain, est-ce que ça te dirait de faire une virée à moto ? Il y a les BAD BOYS OF BOSTON qui rentrent de randonnée, on pourrait user du bitume avec eux.

- Ouais, j’sais pas trop.

- Aller Kate, ça fait longtemps qu’on n’a pas fait un tour tous les deux, et je vois que t’as besoin de t’évader. Pas vrai ?

Depuis le temps qu’ils se côtoyaient, Kris la connaissait bien, il sentait que quelque chose la tracassait et qu’elle avait besoin de se changer les idées.

- D’accord. Céda-t-elle finalement. Tu sais où on peut les rejoindre ?

L’énorme sourire de Kris fit rougir la détective.

- Oui, voilà.

Il sortir un petit fascicule qui parlait de l’excursion du club de motards et lui montra le plan.

- On peut les retrouver à 8 heure trente  à Newburg, faire la route jusqu’à Hartford où on a une pause gasoil et café juste à la sortie de la ville, après on peut faire demi-tour ou continue jusqu’à  Boston,  il y a un barbecue géant devant le garage du plus grand concessionnaire Harley de la région et dans l’après-midi on rentre tranquillement.

- Wah ça en fait de kilomètres.

Kris consultât googlamap et en effet ça en faisait des kil…..

- Ha oui quand même, ça nous en fait 736. C’est peut-être trop pour toi ?

Kate réfléchi deux secondes, qu’avait-elle de mieux à faire de toute façon.

- Non ça roule. J’ai besoin de changer d’air. Alors rendez-vous ici à 7h45 ?

- Ok pour moi. À demain Kate.

- Bye, à demain.

Elle s’en alla et ne vit pas les poings levés en signe de victoire que fît Kris. À n’en pas douter il allait passer une belle journée avec une belle jeune femme.

Kate, elle, avait regagné sa cabane, elle alluma le feu dans la cheminée car d’une fois que le soleil était couché la fraicheur se faisait ressentir. Ceci fait, elle commença la préparation du diner, oh rien de bien compliqué, juste un croque-monsieur, une grande salade et un bon verre de vin rouge. Elle alluma la radio sur une chaine musicale  et  s’installa sous la véranda pour déguster son repas, seule. La musique se fît plus lointaine, l’appétit moins insistant et la tristesse prit tout à coup plus de place. Cette virée en moto, elle aurait aimé la partager avec quelqu’un d’autre, un ami, son meilleur ami, mais voilà, la vie est ainsi faite, et dans la vie  on ne fait pas toujours ce qu’on veut….

Bien plus tard, un coup de vent frais la ramena sur terre, la radio chantait toujours et son appétit lui, l’avait abandonnée définitivement. Elle débarrassa son assiette et s’installa devant le bon feu de cheminée avec un café, elle contemplait la mousse qui flottait au-dessus du nectar noir, décidément, tout se liguait contre elle, comment pourrait-elle l’oublier si le moindre objet de quotidien la ramenait à lui, et encore lui, toujours lui. De rage elle jeta son café dans l’évier en partit se coucher. Une fois sous les couvertures, un rayon de lune éclairait sa chambre, pas un gros rayon non, juste un petit rai juste là, sur sa bibliothèque, et sur cette bibliothèque,  un livre, elle releva la tête, non, ce n’était pas possible, ce livre, c’était le sien, Vague de chaleur, encore lui. Elle se tourna furieusement et enfoui sa tête sous la couverture, là au moins il n’y serait pas !  Quoi que ??? Dans ses rêves……..

Elle finit tout de même par s’endormir au son du vent dans les feuilles et des vaguelettes qui dansaient sur la plage. Demain serait un autre jour, avec d’autres préoccupations, d’autres pensées, d’autres joies……..peut-être.

                      **********************************

Prise d’une soudaine illumination, Alexis dévala les escaliers quatre à quatre et en quittant le loft cria à son père qui n’avait pas délaissé le bureau de la journée :

- Papa je sors.

Puis la porte claqua sans que le maitre des lieux ne réagisse aux paroles de sa fille.

Dans la nuit fraiche du mois de juin, elle héla un taxi qui passait devant elle au même moment, il pila sur les freins pour embarquer la jeune rouquine. Elle lui donna l’adresse et demanda de l’y amener le plus rapidement possible. Et en quelques minutes seulement, elle arriva devant la morgue, juste à temps pour voir Lanie sur le trottoir cherchant elle aussi un taxi. La rouquine paya grassement le chauffeur et sauta hors du véhicule pour essayer d’attraper la légiste avant qu’elle ne s’en aille.

- Lanie attend. Cria Alexis

Le visage de la légiste passa de l’étonnement à la froideur lorsqu’elle reconnut Alexis, qui hors d’haleine tentait de reprendre son souffle et arrivant près d’elle.

- Salut Lanie, comment vas-tu ?

- ……….

- Ho, je vois. Tu m’en veux……

Lanie allait parler mais Alexis l’arrête d’un geste de la main.

- Je t’arrête tout de suite. Je sais ce que j’ais dis à Kate et mon père, et je sais que j’ai merdé sur toute la ligne. J’étais jalouse de la relation qu’il entretenait avec Kate et je me sentais mise de côté. Ces dernières semaines, je ne le voyais plus, il passait presque toutes ses soirées avec elle au poste et rentrait très tard. Et j’avais peur aussi…….

- Peur ?  Demanda la légiste. Peur de quoi ?

- Peur qu’il lui arrive un malheur, mais j’ai compris, enfin on m’a aidé à comprendre qu’elle le protègerait au péril de sa vie. Mais trêve de blabla, j’ai besoin de ton aide pour la retrouver !

- Mais j’ai déjà dit à Castle  que je ne savais pas où elle pouvait être……..

- Oui mais je suis sûr qu’elle  en a parlé à son père.

- OH zut, j’y avais pas pensé. S’exclama Lanie.

- Alors j’ai besoin de toi car je ne sais pas où il habite.

Lanie dévisageait la jeune fille ne sachant plus comment réagir. Elle avait blessé sa meilleure amie ce qui l’avait amenée à s’éloigner quelques temps de ses amis mais la détermination dont faisait preuve la rouquine la fît flancher.

- Ok, je t’y conduis mais seulement demain matin, on ne peut pas débarquer comme ça chez les gens à neuf heures le soir.

Alexis regarda sa montre étonnée que ce soit si tard.

- Oh zut, j’avais pas vu qu’il était autant tard. Mais demain tu ne travailles pas ?

- Non, comme j’étais de piquet ce weekend demain c’est mon jour de congé. Mais toi tu n’as pas cours ?

- Si, seulement à treize heures. Alors à quelle heure demain ?

- Je passe te chercher à neuf heures ça va ?

- Oui oui, super…..

- Et ne dis rien à ton père pour le moment, au cas où il ne saurait pas où elle est partie.

- Ah ok, j’avais pas pensé à ça.

- Et comment va ton père ?

- Mal, je crois que je ne l’ai jamais vu autant mal, sauf…..

Alexis laissa sa phrase en suspend en repensant aux mots qu’elle avait craché au visage de Kate, ses yeux lui piquèrent, honte, regrets. Elle se sentait tellement mal.

- Sauf ???????

- Sauf lors de la fusillade au cimetière et après, lorsque Kate s’est absentée les trois mois.

- Oh, alors il faut vraiment qu’on la retrouve.

- Oui, et j’espère qu’elle me pardonnera ma stupidité.

- Je ne vais pas te dire qu’elle te pardonnera facilement mais Kate et la femme la plus juste et empathique que je connaisse, alors il faudra juste lui laisser du temps.

Lanie voyait bien que la jeune fille se sentait mal mais elle ne pouvait pas faire plus.

- Bon je suis désolée Alexis mais je dois te laisser, j’ai un rendez-vous qui m’attends.

- Oui pas de problème. Merci Lanie et à demain, neuf heures…..

- D’accord, à demain, rentre bien.

- Merci, toi aussi et salutations à Esposito !!! Lança la jeune fille en s’éloignant vers un taxi qu’elle avait repéré.

Lanie se retourna juste à temps pour voir Alexis rire en s’avançant vers un taxi. Elle sourit en imaginant la soirée qui l’attendait dans les bras du beau détective.

Alexis quant à elle retrouva le loft sans encombre mais le calme qui y régnait lui semblait mortel. Elle s’avança en direction du bureau, la dernière fois qu’elle avait vu son père c’était là et la lumière qui filtrait sous la porte laissait supposer qu’il y était toujours. Elle entrebâilla la porte et la vision qui se profilait à ses yeux lui fit culpabiliser encore plus. Il s’était endormi sur sa chaise basculée en arrière et tenait sur sa poitrine une photo prise au Old Haunt ou Kate et lui avaient fait un selfie. Elle ne pouvait pas le laisser comme ça  sinon demain matin il ne pourrait plus bouger tellement sa position avait l’air inconfortable. Elle le réveilla gentiment,  tout somnolent, il ne se fit pas prier pour se glisser sous la couette. Les derniers jours, et nuits qu’il avait passé à arpenter les rues de la grande Pomme l’avaient épuisé. Après un baiser sur la  joue, elle aussi alla se coucher espérant trouver rapidement le sommeil pour être présentable le lendemain devant le père de Beckett. Elle sombra si vite qu’elle n’entendit pas sa grand-mère rentrer de sa journée de cours au théâtre.

Demain sera un autre jour.

                   ***************************************************

Dans un charmant patelin de Greenwood, un réveil sonna sur le coup des sept heures, Kate s’étira et éteignit la source du bruit. Un léger sourire se peint sur son visage lorsqu’elle pensa à la journée qui l’attendait. Cela faisait des années qu’elle n’avait plus participé à ce genre de chevauchée fantastique au sein d’une escouade de bikers  plus fun et déjantés les uns que les autres.

Après avoir avalé un café, elle s’équipa avec les vêtements qu’elle avait préparés la veille, un jeans slim moulant, un t-shirt blanc, un gilet en cuir noir et fini par son éternel blouson aussi en cuir noir. Gants, casque, lunettes, elle fût à l’heure pour retrouver Kris à la station pour une journée de détente.

- Hey Kris.

- Salut Kate. Comment ça va ?

- Bien, et toi, prêt pour cette balade.

- Oh oui, j’attends ça depuis si longtemps.

- Ha bon ?

- Oui, cette virée avec toi, ça fait un bout de temps que j’avais envie de t’en proposé d’en refaire une  mais je n’en ai jamais eu l’occasion.

- Je suis contente que tu me l’ais demandé. Aller, en selle cow-boy, en route pour Newburg.

Ils enfourchèrent leurs bécanes et s’éloignèrent gentiment de Greenwood. Les virages se firent moins nombreux, signe qu’ils quittaient les collines et s’approchaient de la plaine où les courbes se faisaient plus larges et la vitesse plus élevée, mais pas trop. Connaissant mieux la région, Kris avait pris les devants, il jetait de temps en temps un œil dans son rétro et voyait Kate souriante tracer des trajectoires tendues dans les belles courbes qui s’offraient à eux. Lui aussi souriait, il était heureux de cette sortie avec la belle Kate Beckett, il ne l’avait jamais dit à personne mais il en pinçait pour elle. Il voyait là un signe du destin, la jeune femme avait l’air d’avoir besoin qu’on prenne soin d’elle, qu’on la rassure. Il allait s’occuper d’elle.

Ils arrivèrent au point de ralliement quelques minutes avant l’heure et eurent juste le temps de se dégourdir les jambes avant que les premiers vrombissements se fassent entendre au loin. Ils se tournèrent et virent le cortège venir vers eux sur la route principale. Le convoi ne s’arrêtait pas à  Newburg, donc ils enfourchèrent leurs motos et se glissèrent dans la circulation au milieu de la cohorte bruyante. La courtoisie et le fair-play était très réputé parmi ces individu, même si leur apparence n’incitait guère à la confiance, encore une fausse idée qu’on se faisait de ces gens sans les connaitre, se disait Kate en remerciant d’un geste un pilote qui s’était légèrement écarté pour leur permettre de prendre place dans le cortège.

Ils roulèrent à vitesse modérée, un petit septante à l’heure leur donnait l’occasion de pouvoir admirer le paysage tout en gardant un œil sur la route et les autres usagers.  Avec un soleil se levant sur leur droite, il fallait  tout de même  rester attentif car on pouvait être éblouis assez facilement.

Kris qui roulait depuis un moment à ses côté se rapprocha prudemment d’elle.

- Ça va ? Cria-t-il.

- Oui, très bien. C’est génial.

D’un pouce levé elle lui confirma ses paroles. Elle se sentait bien là, entouré de gens qu’elle ne connaissait pas, à part Kris bien sûr, loin des soucis de la ville et de son job, et loin de lui. Elle ne sût pas si c’était le vent ou le souvenir de son coéquipier, mais une larme glissa sur sa joue avant d’être emportée par le vent.

Le temps avait défilé à la même vitesse que le bitume sous leurs roues, si bien qu’elle s’étonna lorsque le convoi quitta la route et s’immobilisa sur la grande place du Rentschler Field Stadium. Il fallait un endroit suffisamment grand pour parquer le millier de motos qui constituait cette chevauchée sauvage. Avec Kris, ils se dirigèrent vers un des nombreux stands éparpillés çà et là pour permettre à tout le monde de se ravitailler en café, donut, cronut, sandwich et autres encas.

- Alors, ça te plait ? demanda inquiet son ami.

- Oh oui, c’est super. Merci.

- Merci à toi.

- ?????

- De m’avoir accompagnée car seul je ne serais pas venu.

Elle resta pantoise lorsqu’il s’avança et déposa un baiser sur sa joue, juste là, à la commissure des lèvres. 

 


caskett71  (29.08.2017 à 21:11)

Chapitre 6 : Espoir ?

 

Ce matin au loft l’écrivain se leva fatigué. Comment pouvait-on être autant fatigué en sortant du lit. La réponse était évidente, nuit agitée, cerveau toujours en activité donc réveils fréquents. Un cocktail explosif pour ressembler à un zombie au saut du lit. Rick se fit couler un café et remarqua un billet près de la machine, il prit sa tasse et s’assit au comptoir pour lire le mot de sa fille.

«  Je suis désolée de ne pas t’avoir attendu ce matin

mais je suis sortie tôt et j’ai cours après-midi. Je t’aime papa ! »

Il ne s’étonna même pas de la sortie matinale de la jeune fille et retourna s’affaler dans son lit où il finit par succomber au bras de Morphée, mais pour combien de temps ?

Entre temps Lanie avait pris Alexis devant chez elle  et ensemble elles se dirigeaient vers l’appartement de Jim Beckett à quelques kilomètres de là.

- J’ai envoyé un message à Jim ce matin pour être sûr qu’il soit là et le prévenir de notre venue.

-Il t’a demandé pourquoi on venait ?

- Non mais je crois qu’il s’est retenu. Voilà, on y est dit la légiste en se parquant devant un bel immeuble de briques rouges.

- Wah, joli !

- Oui c’est un chouette quartier. Allé viens on y va.

La cage métallique mena les deux femmes au cinquième étage, sur le palier  se trouvaient trois appartements, sans hésiter Lanie tourna à droite et sonna à la porte portant le nom de Mr Beckett.

L’homme ne mit pas beaucoup de temps à ouvrir, il devait certainement être impatient de connaitre le but de la visite des jeunes femmes.

- Bonjour Mesdemoiselles. Dit-il galamment en ouvrant la porte.

- Bonjour Mr Beckett. Dirent-elles en chœur.

- Bonjour Jim. Je vous présente Alexis la fille de Richard Castle.

Il leur serra la main et  les invita à entrer en leur proposant une boisson, un café et un thé furent servi, maintenant ils se retrouvaient tous les trois au salon cherchant comment aborder la discussion. Alexis, par qui le problème était arrivé devait ouvrir le dialogue.

- Mr Beckett je pense que vous devez vous demander pourquoi on débarque chez vous comme ça de bon matin ?

- Oui, depuis le message de Lanie ce matin je me pose la question mais je pense qu’il s’agit de ma fille ?

- C’est ça oui. Répondit la rouquine.

Elle allait à présent devoir lui parler de ce qui s’était passé entre elle et Kate et là, ne connaissant pas Jim, elle ne savait pas comment il allait réagir. Alors elle commença par le début. Jim écoutait attentivement Alexis relater la dispute, fronçant les sourcils de temps en temps et faisant la grimace lorsqu’elle évoqua la fusillade. Il comprit soudain le coup de fil reçu quelques jours plus tôt. Alexis s’excusa auprès de lui pour le mal et les mots qu’elle avait dit.

- Alors c’est pour ça qu’on a besoin de votre aide, il faut qu’on la retrouve, que je puisse m’excuser et pour que mon père puisse……..

- Puisse ?? Demanda Jim devant l’hésitation d’Alexis.

- Qu’il puisse lui avouer ses sentiments, car je sais ce qu’il éprouve pour elle, et sans elle il n’est plus que l’ombre de lui-même. Alors, est-ce que vous savez où elle est ?

Jim s’adossa au fauteuil et soupira, il savait que sa fille tenait à l’écrivain plus que ce qu’elle voulait bien dire. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux des deux femmes.

- Je comprends mieux maintenant son appel de l’autre jour.

Alexis et Lanie sourirent à cette nouvelle, elle avait appelé Jim, enfin une bonne nouvelle.

- Et vous a-t-elle dit où elle était ? Demanda Lanie, n’osant pas laisser éclater sa joie.

- Oui, elle se rendait dans notre cabane près de Greenwood Lake.

- Oh c’est génial. S’écria Alexis. Et on peut y aller comment à votre cabane ?

- C’est-à-dire que c’est un peu compliquer, il y a deux heures de route environ et c’est un coin un peu perdu au milieu de nulle part.

Alexis regarda sa montre deux heures, comment allaient-elles faire. Elle avait cours à 13 heures, jamais elle ne serait rentrée à temps. Dépitée, elle se tourna vers Lanie. Mais la métisse ne perdit pas le nord.

- Alexis, envoyes un message à ton père qu’il nous rejoigne ici, j’irais là-bas avec lui et toi tu iras en cours.

- Mais je dois lui parler aussi, m’excuser.

- Laisse ton père aller la retrouver et quand elle sera rentrée tu pourras lui parler.

Comme convenu Alexis envoya un message à son père.

« Papa, retrouve-moi à cette adresse aussi vite que possible. Je t’attends. A. »

Rick qui fût réveillé par l’arrivée du message répondit un peu inquiet.

« Que se passe-t-il ? Grave ? »

Alexis qui n’avait pas quitté son téléphone des yeux répondit rapidement.

« Non, mais viens vite. »

Il s’habilla rapidement, prit clés, portable et portemonnaie et partit à la recherche d’un taxi, qu’il trouva assez facilement. Le chauffeur qui connaissait bien l’endroit l’amena à bon port en un rien de temps, ce qui lui valut un généreux pourboire de la part de l’écrivain. Il vérifia l’adresse sur son IPhone et se précipita dans le bâtiment. À l’étage convenu il fût surprit en découvrant le nom du locataire des lieux. Il sonna anxieux de voir le père de Beckett.

- Bonjour Mr Beckett.

- Bonjour Mr Castle, comment allez-vous ?

- Pas trop mal, et vous.

Les deux hommes rejoignirent les deux jeunes femmes au salon et Castle y découvrit Lanie et sa fille. Perdu dans cette situation qu’il ne maitrisait pas, l’expression de son visage hésitait entre surprise et effarement.

- Est-ce que vous allez me dire ce que je fais là ?

Alexis lui prit la main et l’incita à s’assoir près d’elle. Elle, son visage n’hésitait pas, il reflétait la joie.

- Papa, grace à Mr Beckett, on sait où est Kate.

Il n’en fallut pas plus pour que, sous le coup de l’émotion,  l’écrivain perde ses mots. Mais  il retrouva des couleurs plus vivantes et un énorme sourire naquît  sur ses  lèvres. Un soupir plus tard, le choc de l’annonce dissipé,  il retrouva l’usage de la parole. Les yeux brillant il regarda Jim.

- Et où est-elle ?

Jim, ému par l’arc-en-ciel d’émotions qui avait animé le coéquipier de sa fille, se dit que Kate avait vraiment une chance inouïe d’être tombée sur lui et que les sentiments que ces deux êtres vouaient l’un pour l’autre ne faisaient plus aucun doute.

- Oui, elle m’a appelé l’autre jour pour me demander si elle pouvait aller à la cabane près de lac.

 Rick tout ragaillardi se leva prestement pour quitter l’appartement de Jim mais près de la porte, il se stoppa net et revint tout penaud sur ses pas.

- Heuuu, vous pouvez me dire où se trouve votre cabane et comment y aller ?

Devant le fou rire des trois compères, il se rassit et rit de bon cœur avec eux de son reflex.

- Je vais vous faire un plan, mais ce n’est pas très facile à trouver, c’est au milieu de nulle part et votre GPS ne vous sera d’aucune utilité là-bas.

Il alla chercher une feuille et un stylo et commença le plan tout en expliquant le chemin.

Pour quitter Manhattan, prenez le pont Georges Washington et suivez  la A72 Direction nord jusqu’à Westfield …..

Tout en écoutant les explications de Jim, Rick sortit son IPhone et afficha Googlemap, en rentrant les noms énuméré par Jim, la route se dessina sur la carte. Il montra l’écran et Jim sourit en détaillant les images.

- Oh, c’est pratique ça. Il montra un point sur l’écran. Alors ça va vous mener jusqu’au bord de Greenwood Lake, à Hewitt, il y a environ 1h30 de route, sans faire d’excès de vitesse. Il sourit en voyant le visage crispé de Castle.   Après la route devient plus chaotique, vous devez encore rouler cinq kilomètres sur Jersey Avenue puis tourner sur Lake Shore road et au bout du chemin vous tomberez sur la cabane un peu cachée par les arbres.

Il se leva et dans un tiroir trouva une image de l’endroit.

- Voilà une photo, ce sera plus facile à la reconnaitre.

Les deux jeunes femmes se rapprochèrent de Rick pour voir la photo.

- Wah c’est mignon comme coin, et très isolé. Remarqua la légiste.

- Rien de tel lorsqu’on veut être au calme. Nota Alexis.

Heureux qu’enfin l’espoir apparaisse au bout de ce chemin de terre, Rick se leva prêt à retrouver la femme de ses rêves, de sa vie.

- Alors je vais rentrer chez moi prendre la voiture et j’y vais.

- Attend, je veux venir avec toi. Déclara Lanie. En plus j’ai ma voiture en bas donc on peut partir tout de suite.

Rick se tourna vers sa fille, déposa un baiser sur son front et la prit dans ses bras.

- Toi tu vas en cours et je te donne des nouvelles ce soir. OK pumkin ?

- OK papa. J’attends ton message.

- Vous savez, il y a presque pas de réseau dans le coin. Je crois que vous devez aller au Roaster café pour avoir du Wifi.

- Oh. Alors ne t’en fais pas chérie, je te donnerais des nouvelles dès que je peux. Et peut-être qu’on la ramènera avec nous, hein Lanie.

La légiste sourit mais elle connaissait bien sa meilleure amie et elle savait que ça n’allait pas être facile de la ramener aussi vite.

Alors que tous les trois allaient quitter l’appartement de Jim, celui-ci retint Castle par le bras et le fixant gravement  lui dit :

- Prouvez-moi que j’ai eu raison de vous dire où elle est.

- Je le ferais. Déclara l’écrivain alors qu’ils entraient dans l’escenseur.

 Alexis prit un taxi et se rendit directement à son école tandis que Lanie et Castle prirent la route. La légiste l’avait laissé conduire et elle s’occupait de les guider dans la circulation.

- Il est midi, ce qui fait que nous devrions être là-bas vers 13h30 s’il n’y a pas de bouchons ou d’autres imprévus !

- Ou qu’on ne se perde pas. Déclara Lanie pour essayer de détendre l’atmosphère.

Mais le visage de Rick ne donnait pas envie de rire, il était si sérieux et concentré sur la route qu’elle se retint de rire de sa propre blague.

- Hey  Castle, détendez-vous, maintenant que vous savez où elle est ça va aller.

- Oui mais j’ai peur de la faire fuir, ou qu’elle se borne dans son idée et ne veuille rien entendre.

- Rick !    C’était la première fois que Lanie l’appelait par son prénom. Soyez simplement vous, mais pas le vous qui rit de tout, qui tourne tout en dérision, le vous que j’ai vu ce matin chez Jim, celui qui montre son cœur,  son altruisme, ses sentiments.

Étonné il se tourna brièvement vers elle bouche bée.

- Quoi ! Ne me dites pas que vous n’éprouvez rien pour elle. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que vous l’aimez. Alors dites le lui.

- Et si…….

- Et si quoi ? Si ce n’était pas réciproque ? Moi je vous le dis, lancez-vous. Je sens que ça va être votre jour de chance.

Rick sourit en comprenant le sous-entendu de Lanie. Kate et elle étaient très proches donc elle avait certainement laissé sous-entendre, lors de leur soirées entre filles qu’elle avait des sentiments pour lui.

Tout en discutant ils s’étaient bien rapprochés de leur destination. Ils roulaient depuis trois quart d’heure et arrivaient à Franklin sans encombre, là, il y avait un carrefour à ne pas rater pour  éviter de se perdre en pleine cambrousse.

- Voilà c’est là ! s’écria Lanie, ce qui fit sursauter le conducteur.

Ils s’engagèrent pour le dernier quart d’heure de route jusqu’à ce que………..

                              ********************************

Après la petite pause café et gasoil, le convoi d’Harley Davidson avait repris la route en direction de Boston. La circulation était fluide et le temps idéal pour cette ballade. De plus rouler avec ce genre de personnes lui donnait l’impression d’être passé du côté obscure de la loi, d’avoir franchi la ligne et d’être redevenue Rebelbeck comme l’appelait  Maddy dans leur jeunesse.

A l’approche de Newton, Kris se mit à la hauteur de Kate, comme ils roulaient à une allure modérée, ils pouvaient se parler sans crier.

- Ca va toujours ?

- Oui très bien. C’est incroyable, on arrive déjà  à Boston.

- Tu sais si tu ne veux pas aller jusqu’au lieu de rendez-vous on peut faire demi-tour.

- Non, pourquoi ? Tu ne veux pas y aller ?

- Si si moi pour moi c’est Ok, mais je me demandais si tu voulais rentrer.

- Non non tout va bien,  je ne suis pas pressée, personne ne m’attend au chalet.

Ah si elle savait.

C’est dans un vacarme assourdissant que les centaines de motos se présentèrent à l’entrée de l’immense centre du concessionnaire HD. Trois par trois, les motards passaient devant le portail ou se trouvaient des employés distribuant tickets de consommations et bons de réductions. Kate et Kris suivirent les consignes des placeurs et furent vite parqués. La marque avait vu les choses en grand et tout était fait pour faciliter l’accès et la fluidité. De grands panneaux avec des numéros pour se souvenir où on était stationné, des couloirs larges, les stands, répartit sur toute la zone pour éviter les trop longues files d’attente, des tables et bancs  de kermesse pour manger tranquillement. C’était vraiment le top du top. Les deux amis, parqués dans le quartier 7, se dirigeaient vers les boissons pour se désaltérer après cette longue randonnée.  Vu la foule, Kris avait posé sa main au bas du dos de Kate, pour l’aider à traverser la cohue, ce geste la troubla mais elle l’apprécia. Instinctivement elle se rapprocha jusqu’à ce qu’elle soit tout contre lui. Elle se sentait bien. Il avait aimé ce rapprochement, donc voyant qu’elle ne reculait pas, il allongea le bras et la tint par la taille.

 À la recherche des stands de repas, ils déambulaient dans le dédale de tables ainsi, presque comme un couple. Elle attira son attention sur une tente rouge et or.

- Regarde là, de la nourriture chinoise. Ça te dit ?

- Hmmm oui, avec plaisir, j’adore les plats chinois.

Tout en gardant le contacte entre leur corps, ils se dirigèrent vers l’emplacement qu’ils avaient repéré.

- Ohhh trop beau, des nouilles sautées au poulet, j’adore !!! S’exclama Kate

- Et pour moi, un bœuf sauté sauce piquante avec  riz cantonais !! Si tu veux je fais la file ici pendant que tu vas chercher les boissons ?

- Bonne idée oui, que veux-tu ?

- Un coca, merci.

Ils partagèrent ce repas l’un en face de l’autre, un sourire timide sur les lèvres de Kate et un grand sourire sur celles de Kris. Ensuite, elle voulait profiter pour visiter l’immense shop de la célèbre enseigne. Elle regarda les bons remis lors de leur arrivée.

- Un bon de 50% valable uniquement aujourd’hui et un de 25% valable une année. Ça tombe bien j’avais justement envie d’un nouveau casque.

- Alors on y va, moi je veux voir ce qu’ils ont comme bottes.

Ils se dirigèrent vers le commerce et instinctivement, Kate se rapprocha de Kris qui se permit de remettre son bras autour de sa taille si fine. Lorsque Kate sentit la chaleur de sa main sur sa hanche elle lui sourit tendrement. Dans la boutique il y avait encore peu de monde, mais comme la surface était immense, cela pouvait être  trompeur.  Ils allaient tous les deux vers le rayon casque lorsque Kate lui proposa d’aller chacun vers ce qu’ils cherchaient comme ça ils finiraient plus vite et pourraient encore profiter de l’après-midi pour flâner dans le coin.

Kate déambulait depuis deux minutes dans le rayon  quand elle trouva son graal. Le coup de foudre pour un casque, oui oui ça existe. Le Helmet noir mat avec visière solaire intégrée qui se déploie rapidement sous la longue visière, maintenant elle priait pour qu’il y ait sa taille. Elle en essaya deux et bingo, le deuxième lui allait comme un gant. Alors qu’elle se regardait dans un miroir et essayait la visière tintée,  à côté d’elle, deux jeunes femmes regardaient aussi ce genre d’article.

- Regarde Jane, c’est pas celui-là que tu cherches ?

Kate se tourna et sourit en voyant qu’il s’agissait du même que le sien. La noiraude s’avança vers son amie.

- Bien vu Maura, c’est tout à fait ça. Et elle embrassa à peine bouche son amie blonde avant de saisir le casque pour l’essayer.

- Et en plus il est très confortable. Ne put s’empêcher de préciser Kate en se tournant vers elles.

Les deux jeunes femmes se firent face et sourirent en remarquant qu’elles étaient équipées du même casque.

- Bonjour, désolée de vous interrompre mais j’ai vu qu’on avait eu les mêmes goûts…..

- Bonjour, Y a pas de soucis, c’est vrai qu’on se sent vraiment bien. Répondit la jeune femme en lui tendant la main. Jane Rizzoli police de……….pardon, vieille habitude, je suis de Boston…. Et voici mon amie Maura Isles

Kate sourit franchement et devant l’air perplexe des deux interlocutrices répondit.

- Enchantée, Kate Beckett, police de New-York. Et toutes les trois rirent de bon cœur.

- Et dans quel secteur ? Demanda Jane.

- Brigade criminelle. Et vous ?

- Ben comme le monde est petit, moi aussi. Et Maura est médecin légiste en chef donc nous travaillons ensemble.

- En tout cas vous faites une belle paire.

- Merci ! Et vous, un équipier ?

Un voile de tristesse passa dans l’esprit de Kate à l’évocation de son partenaire.

- Heu oui, j’ai un partenaire un peu  particulier, c’est un écrivain qui me suit sur les enquêtes et s’en inspire pour ses romans.

- Et ils sont connus ses livres ? demanda Jane.

- Oui, c’est…..coupée par Maura elle ne put finir sa phrase.

- Mais attendez. S’exclama la blonde. Une flic de New-York et un écrivain, vous êtes Nikki Heat ? s’écria Maura.

- Non, je suis celle qui inspire Mr Castle pour la saga des  Nikki Heat.

Jane qui avant un peu de mal  à suivre interrogea Maura du regard.

- Mais oui Jane, je t’en ai déjà parlé, Richard Castle, je t’ai montré un de ses livre chez moi.

- Ha oui, Vague de chaleur…

Jane se souvenant d'un passage du livre et  ayant remarqué la gêne de Kate devant l’excitation de sa petite amie changea de sujet.

- Mais dites-moi, New-York, vous avez fait une sacrée trotte pour venir jusqu’ici.

- Oui, avec un ami nous avons fait un bout de route avec les bikers de Boston, depuis Newburg.

- Wah, nous on les a rejoints à Hartford, mais  ça va vous faire un bout pour rentrer ?

- Oui mais ça valait le coup, c’était vraiment génial, et en plus j’ai fait de belles rencontres. Dit-elle tout sourire.

- Bon Maura, c’est pas que je veux te presser mais on est attendue dans une heures chez ma mère.

- Oh c’est vrai. Kate, je suis ravie d’avoir fait votre connaissance.

- Moi de même docteur Isles.

- Je vous en prie appelez-moi Maura. Dit la jeune femme blonde  en lui serrant la main.

- Au revoir Kate, et bonne rentrée, soyez prudente.

- Au revoir Jane. A bientôt peut-être.

Elles s’échangèrent leurs cartes de visites en se promettant de se recontacter prochainement.

Kate ayant trouvé son bonheur, se rendit à la caisse et retrouva Kris qui justement arrivait avec ses bottes. Ils avaient tous les deux fait de bonnes affaires aujourd’hui.

- A ce que je vois on a tous les deux trouvé notre bonheur. Déclara-t-il.

- Oui c’est génial, c’est  justement celui que je cherchais.

La vendeuse emballa les bottes de Kris mais Kate, elle, préférait mette son nouveau casque pour rentrer et comme ils allaient voir le soleil couchant, sa nouvelle visière tombait pile poil…..

Ils flânèrent encore un moment parmi les stands d’accessoires divers, Kris qui sentait que Kate se rapprochait avait remis sa main là où il aimait la poser, sur sa hanche et il fut même surprit lorsqu’il senti celle de Kate passer dans son dos et lui enserrer la taille. Deux sourires, deux visages heureux.

- Kate ?

- Hmmm

- Je peux te poser une question ?

- Tu viens de le faire ! Répondit-elle en riant.

- Non mais sérieusement ?

- Mais oui vas-y.

Elle s’attendait à tout mais pas à ça.

- As-tu quelqu’un dans ta vie ?

Elle le regarda surprise par sa question mais comprit qu’il ne voulait pas aller plus loin si……

- Non, je n’ai personne.

Il se pencha et délicatement permit à leurs lèvres de se caresser pour la deuxième fois de la journée. Le baiser, chaste mais tendre ne s’éternisa pas plus que nécessaire mais il combla nos deux amoureux…………. Amoureux ? Était-ce vraiment le bon terme??

                               ***************************************

La Chevrolet de Lanie roulait toujours en direction de Hewitt lorsque….

- Rick, il faut que tu t’arrêtes !

- M’arrêter ? Pas question de s’arrêter maintenant, on y est presque.

- Désolée mais je dois vraiment y aller.

Rick tourna la tête et vit un sourire désolé sur le visage de Lanie qui se tenait le bas ventre.

- Oh, et ça ne peut vraiment pas attendre dix minutes qu’on soit à la cabane ?

- Non, ça fait déjà un moment que je me retiens et là ça devient urgent.

Elle prit l’IPhone et lui montra un emplacement.

- Regarde là, il y a un McDo.

Il soupira mais accéda à sa demande et se parqua devant le bâtiment.

- Vu qu’on est là je vais nous prendre à boire. Qu’est-ce que vous voulez ?

- Un coca light, merci !

- OK, alors ne perdons pas de temps.

Quelques minutes plus tard ils reprenaient la route sinueuse qui menait à Hewitt. Plus ils se rapprochaient, plus Rick angoissait. Comment allait-il être reçu ? Comment allait-elle réagir en les voyants ? Pourvu qu’elle ne fuie pas encore une fois et qu’elle lui laisse l’occasion de parler.  Son copilote le sortit de ses penses.

- Voilà, on a traversé Hewitt, encore cinq kilomètres et on y est.

- Ok, et c’est sur la droite.

- Oui mais occupe-toi de la route, moi je chercherais la rue, Lake Shore road.

Ils longeaient la rive du lac jetant de temps en temps un œil aux alentours mais leur but, ils allaient l’atteindre dans deux minutes.

- Voilà, ralentit. C’est là tourne à droite.

Il obéit et se parqua entre les arbres. Lanie sortit la photo, rien n’avait changé, sauf les couleurs du paysage. Ils descendirent de voiture hésitant sur la marche à suivre, y aller franchement et frapper à la porte ou se faire discret et d’abord repérer les environs.

- Viens, on s’approche à couvert fit Lanie.

Rick lui emboita le pas et ils firent discrètement le tour de la cabane mais apparemment elle n’était pas là. Pas de moto, pas de lumière, pas de bruit.

- Si ça se trouve elle n’est même pas venue ici. Fit Rick déçu.

Lanie en fine scientifique observa le sol.

- Si regarde, des traces fraiches, des pas et des pneus étroits, comme ceux d’une moto.

La découverte redonna le sourire à l’écrivain.

- Il frappa à la porte, peut-être que ??????

Mais non, seul le vent dans les feuilles lui répondit.

- Écoute, elle est surement allée en ville faire des courses. Jim a parlé d’une station-service et d’un café, on la trouvera peut-être là-bas.

Ils remontèrent en voiture et après trois kilomètres tombèrent sur le poste à essence.

- On va aller demander  s’ils l’ont vue.

Lanie entra et apprit qu’avec un ami ils étaient allés faire une longue virée en moto et qu’ils rentreraient seulement ce soir. Lorsqu’elle eut expliqué tout ça à Rick ils firent quelques emplettes et retournèrent à la cabane. Assis sur les marches, ils discutaient de la suite de la journée.

-  Écoute, je vais l’attendre ici, tu peux rentrer à New-York si tu veux.

- Mais je ne vais pas te laisser tout seul ici, et si elle ne rentre pas ?

- Tu as entendu le monsieur, ils rentrent ce soir, j’ai à boire et à manger, je ne risque rien ici.

- Bon d’accord, mais promet moi de me tenir au courant.

- OK, mais tu sais qu’il n’y a pas de réseau donc je ferais de mon mieux.

- D’accord, et quand je serais rentrée j’enverrais un message à Alexis, je lui expliquerais la situation.

- Merci Lanie. Merci pour tout.

- Pas de problème Rick, mais essayez de parler tous les deux, dis-lui ce que tu ressens là. Dit-elle en posant sa main là ou battait son cœur.

- Promis, si elle ne me tue pas avant, je lui dirais tout.


caskett71  (30.08.2017 à 16:37)

Chapitre 7 : retrouvailles.

 

Kate avait attaché son deuxième casque sur le dossier de sa moto puis ils avaient pris le chemin du retour. Ils  avaient décidé d’emprunter la Highway 84 sur toute la distance, c’était le même chemin qu’à l’aller mais sur une route beaucoup plus rapide, ce qui leur ferait gagner du temps. Comme le matin, Kris avait pris les commandes et ouvrait la route. A la sortie de Danbury, Kate accéléra et prit les devants. Elle avait repéré un restauroute à quelques kilomètres et voulais faire un arrêt. Kris la suivit et ils quittèrent l’autoroute et  se parquèrent près du restaurant.

- Désolée mais il fallait vraiment que je m’arrête.

- Pas de problème, je voulais aussi faire un arrêt. Est-ce qu’on boit un verre ici ?

- Non, je préfère rentrer et on verra quand on y sera.

- Ok, pas de soucis.

Ils se retrouvèrent après leur passage aux toilettes et décidèrent de quand même  prendre à boire car ils avaient encore pour 1h30 de route. Comme s’ils avaient fait cela toute leur vie, ils se rapprochèrent et c’est bras dessus bras dessous qu’ils rejoignirent leurs motos. Assis sur un petit mur ils partageaient une bouteille de coca en discutant du chemin qu’il leur restait.

- On a encore 1h30 de route, ça va aller. Demanda-t-il soucieux de son état.

- Oui oui, ça va bien. Je suis contente que tu m’ais invité, j’ai vraiment passé une belle journée.

- Et moi je te remercie d’avoir accepté.

Elle lui fit un magnifique sourire qui le fit fondre, il  s’avança et l’embrassa tendrement. Elle ne recula pas. Il caressa sa joue et  voulut approfondir  le baiser, mais d’une pression de ses mains sur ses épaules, elle lui fit comprendre que c’était encore trop tôt pour elle.

Elle ne savait plus où elle en était. Elle se sentait bien avec lui, ils partageaient beaucoup de points communs dont la passion pour la moto qui les avait énormément rapprochés, mais ce n’était pas ça qu’elle était venue chercher ici.  Elle s’éloigna gentiment de ses douces  lèvres mais garda leur front en contact.

- Kris, je ne sais pas trop où j’en suis dans ma vie personnelle, (soupir)  je ne voudrais pas aller trop vite et te donner de faux espoir alors…..

- Kate, je tiens à toi mais  ça se voit que tu es perdue alors je serais patient et je prendrais ce que tu me donnes, même si c’est au compte-goutte.

- Merci !

Elle posa un baiser à la commissure de ses lèvres  pour le remercier de sa compréhension.

Après cet interlude ils reprirent la route et décidèrent de ne plus faire de halte avant d’être à Greenwood chez Kris, sauf imprévus. Chacun leur tour ils prenaient la tête en se doublant et se redoublant, ils riaient, ils étaient bien. Kate grisée par la passion donna un bon coup de gaz, le moteur ronronna de plus belle et elle  laissa la vitesse vider son esprit de toutes ses incertitudes et ses angoisses. Après quelques kilomètres à vive allure, elle ralentit pour retrouver une allure plus convenable, pour un flic. La voie étant dégagée, Kris se mit à sa hauteur.

- Tu te sens mieux ? Lui cria-t-il en souriant

Elle lui rendit un sourire  éclatant ce qui ne nécessita aucune autre réponse verbale.

Ils quittèrent l’autoroute et empruntèrent la route plus sinueuse qui menait à leur destination. Kate parqua sa moto devant la colonne et profita que son ami range la sienne pour remplir son réservoir. Le dos légèrement douloureux, elle se rassit sur le siège pendant que le réservoir se remplissait.

À l’intérieur le père de Kris qui les avait vus rentrer sortit sur le perron les saluer.

- Bonsoir Kate.

- Oh bonsoir Vince, comment allez-vous ? Demanda la détective.

- Bien merci, et toi ? As-tu passé une belle journée ?

- Oui, c’était super.

- Et vous êtes allés loin ?

- Oh oui, on a beaucoup roulé, on est allés jusqu’à Boston.

- Wahou, Boston, ben ça fait une trotte, je pense que tu dois être fatiguée.

- Papa arrête d’embêter Kate avec tes questions. Dit Kris en revenant de la remise ou il avait parqué sa moto.

- Mais non, il ne m’embête pas mais c’est vrai que la fatigue commence à se faire sentir. Dit-elle en s’étirant vers l’arrière pour essayer de soulager ses vertèbres.

Vince allait retourner à l’intérieur vaquer  à ses occupations lorsqu’il se rappela de la visite qu’il avait eue  en début  d’après-midi.

- Oh Kate, avant que j’oublie. Après-midi il y a des gens qui te cherchaient, un homme, la quarantaine très charmant, et une jeune femme, métisse aux  longs cheveux noirs. Ils sont d’abord passés à la cabane et ensuite ici. Je leur ai dit que tu rentrais seulement ce soir.

Le visage de Kate se crispa en entendant la description des personnes, elle était certaine qu’il s’agissait de Lanie, et pour l’homme serait-ce possible ? Castle ?

- Kate ça va ? S’inquiéta le vieil homme. J’aurais peut-être rien dû dire ?

- Oui ça va Vince.

- J’espère que je n’ai pas fait de bêtises ?

- Mais non, ce n’est pas grave, c’est des amis de la ville mais j’espérais juste être seule quelque temps. Ont-ils  dit ce qu’ils allaient faire ?

- Non, ils sont repartit en direction de la cabane et après je ne les ai plus revus.

- Peut-être seront-ils rentrés à New-York ? Tu veux que je vienne avec toi jusqu’au chalet ? Demanda Kris.

- C’est gentil mais ça va aller. Merci.

Ne sachant comment mettre fin à cette magnifique journée, ils restèrent les regards accrochés, Vince se sentant de trop regagna son comptoir. Kate rompit l’instant la première. Elle s’avança et déposa un baiser au coin de ses lèvres.

- Merci pour tout Kris. Bonne nuit.

- Bonne nuit Kate. A bientôt.

Kate remis son casque et quitta la station-service, plus qu’un petit bout de route et elle pourrait se reposer. Elle espérait que les visiteurs ne se soient pas attardés et soit retournés en ville. Elle n’avait vraiment pas envie du voir du monde ce soir et surtout pas Castle. En arrivant elle fût soulagée de ne voir aucun véhicule devant chez elle. Elle alla donc sous le couvert parquer sa moto et vider ses sacoches.

 

Lorsqu’elle fût de retour à son appartement, la légiste envoya un message à Alexis lui expliquant leur arrivée et leur découverte et que son père avait décidé de rester à Greenwood. Elles n’auraient donc pas plus de renseignements avant au mieux demain matin. Elles se promirent de se tenir au courant dès que l’une d’entre elle aurait des nouvelles.

 

Sous la véranda, Rick avait d’abord entendu le bruit caractéristique de l’Harley Davidson et s’était redressé dans son siège tout en restant caché. Ensuite il l’avait vue passer devant la cabane et aller à l’arrière, il s’était levé, nerveux de la suite des évènements. Comment allait-elle réagir en le voyant ? Avait-elle son arme avec elle ? Même s’il savait que jamais elle ne l’emploierait contre lui, il flippait quand même un peu. Il entendit ses pas dans le gravier. Il essuya ses  paumes moites  qui trahissaient sa nervosité, et ça se comprenait, sur son pantalon.

Lorsqu’elle arriva devant les marches, Kate se figea net en voyant l’opportun qui se tenait là. Pourquoi était-il venu ? Pourquoi s’acharnait-il ? Elle voulait l’oublier, jamais elle n’y arriverait comme ça.

- Salut. Tenta-t-il pour briser la glace mais l’entrée en matière n’eut pas l’effet voulut !

- Je ne veux plus vous voir Castle. Retournez à New-York.

Elle monta les marches sans lui lancer le moindre regard, aucune attention, aucun geste. Il s’avança mais là, elle le dévisagea, le regard noir qu’elle lui adressa le stoppa net dans son avancée. Il l’avait déjà vue fâchée, contre lui, mais jamais comme à l’instant. Elle déverrouilla la porte d’une seule main.

- Beckett laissez-moi vous expli………

Il n’eut pas loisir de finir sa phrase qu’elle avait déjà claqué la porte d’entrée sous son nez.

- Rentrez chez vous ! Cria-t-elle depuis l’intérieur.

- Beckett ! Cria-t-il à son tour mais seul le silence de la nuit lui répondit.

Son courage se perdit dans l’obscurité lorsque les lumières du bas s’éteignirent. Il avait promis à Lanie de lui parler, d’ouvrir son cœur sur ses sentiments mais comment le faire si le dialogue n’était pas possible. Pour qu’il y ait une discussion il fallait être deux.  

Il se laissa choir dans le fauteuil en rotin la tête entre ses mains. Un autre souci se profilait à l’horizon, il était à plusieurs kilomètres du village, il n’avait pas de voiture et il faisait nuit, mais vraiment nuit. Il était tout seul, et seul, là, au milieu de nulle part ça prenait un sens alourdi d’angoisse. D’autant plus angoissant que dans la nuit, tous les bruits sont amplifiés, craquements, bruissement, hurlements, il se serait cru au festival du film d’épouvante.  Ce n’était pas son jour, ou plus tôt, pas sa nuit.

Il examina ce qui l’entourait. En plus du fauteuil où il était assis il y avait une chaise et une table basse, un pot de fleur vide, sa veste et les quelques emplettes qu’il avait fait au village. Avec ça il n’allait pas bien loin. En essayant de s’installer confortablement il fit tomber sa veste, heureusement pour lui, en la ramassant il trouva un plaid et en plus il était en bon état. Il avança son fauteuil ôta ses chaussures pour allonger ses jambes sur la chaise et se couvrit avec la couverture jusqu’au menton.

Il sourit, elle s’en était servie dernièrement car elle avait son odeur, ce parfum de cerise qu’il avait découvert un jour lors d’une enquête quand  il s’était penché au-dessus d’elle et avait sentis pour la première fois cette fragrance qu’il ne pourrait oublier.

« - Vous sentez la cerise. »  Avait-il dit alors qu’elle se retournait, leurs visages si proches. Ses yeux n’avaient pu se retenir de dévier sur ses lèvres, belles, brillantes, attirantes.

C’est avec ces pensées agréables qu’il finit par s’endormir. Mais pas pour longtemps, le délicieux parfum qui émanait de la couverture ne lui permit pas d’oublier assez longtemps l’inconfort de sa position. Il passa une partie de la nuit à se tourner et retourner cherchant à soulager son dos et son postérieur ankylosé.

À l’intérieur Kate tendait l’oreille à l’affût d’un bruit de moteur qui prouverait qu’il est parti mais rien……finalement elle monta à l’étage et  ne décolérait pas, comment avait-il su qu’elle se trouvait ici. La seule personne qui était au courant était son père, il n’aurait pas……non, pas papa….………triste mais pas le moins du monde fâchée contre lui, elle se glissa sous la douche savourant l’eau chaude qui dénouait ses muscles endolorit pas les kilomètres de bitumes avalés aujourd’hui. Détendue, elle se calfeutra dans les draps frais et  écouta son corps qui ne parlait guère que d’épuisement et de fatigue. Mais sa tête elle, lui parlait d’autre chose ne laissant pas à ce corps las l’occasion de se reposer. Elle refusait d’être responsable du malheur de la famille Castle.

Elle s’éveilla. La fenêtre de la chambre donnait au levant, l’aube inscrivait en blanc sur les vitres claires ce moment tout neuf  du matin  qui annonce l’aurore d’un nouveau jour. Elle étira ses bras au-dessus de sa tête et les laissa retomber sur son visage, camouflant ses yeux de la lumière du soleil qui inondait sa chambre. Cette nuit avait été reposante, donc c’est en pleine forme qu’elle se leva prête à passer une nouvelle journée au calme. 

Sous le porche, Rick avait finis par retrouver le sommeil très tard. Mais le réveil sera difficile, sa position augurait un bon mal de dos.

 

Le petit village de Greenwood s’éveillait aux chants des oiseaux et des canards sauvages. A la station-service, Kris était déjà à l’œuvre depuis l’aube. Son père passa le voir avant de partir pour sa journée de pêche.

- Salut fiston.

- Bonjour Pa. Comment ça va aujourd’hui ?

- Bien, j’ai rendez-vous avec Brad pour une journée de pêche. Vince se tourna pour partir mais son fils le stoppa dans son élan.

- Papa ?

- Oui.

- Les gens qui cherchaient Kate hier, tu les connaissais ?

- La femme non mais le type, je l’ai déjà vu mais je ne sais pas où. Pourquoi ?

- Je me fais du souci pour Kate. Elle est venue s’isoler ici et ces gens qui  la cherchent…..tu sais avec son boulot…….

- Son boulot !!! S’exclama Vince en retournant  dans sa maisonnette sous les yeux intrigués de son fils. Il revint quelques minutes plus tard un livre en main.

- Voilà je sais où je l’ai vu. Dit-il en tendant le livre à son fils. C’est lui qui est venu.

- Richard Castle. Il se souvenait de lui, une fois Kate lui en avait parlé, au début de leur collaboration. Elle ne le supportait pas.

Il fixait la photo de l’auteur la mine triste. Son père vit son changement d’humeur et comprit.

- Ohhhh toi tu en pince pour Kate.

- Quoi ? Non !!!

- Mon fils ce n’était pas une question mais une affirmation. Tu es jaloux de ce  Richard, tu crois que c’est son petit ami.

- Non, elle m’a dit qu’elle n’avait personne.

- Ah parce que tu le lui as demandé. ?

- Oui, hier. Et elle m’a dit qu’elle était seule. Tu sais,…………t’as raison, en réalité, je suis amoureux d’elle depuis des années, mais je n’ai jamais pensé que je pouvais intéresser une femme comme elle alors je n’ai jamais osé lui dire et hier, on était tellement bien, on s’est embrassé, et je voulais savoir si j’avais mes chances avant de continuer

- Et elle ne t’a pas repoussé ?

- Non, elle m’a juste dit qu’elle ne savait pas trop où elle en était dans sa vie en ce moment alors elle me demande d’être patient.

- Oh, alors c’est peut-être à cause ce type qu’elle est un peu perdue. Précisa Vince.

- Je ne sais pas, j’irais  voir comment elle va  après-midi.

- Comme tu veux. Bon moi je file. Bonne journée fiston.

- Toi aussi Pa.

Kris retourna à son boulot, il était doué de ses dix doigts, pour réparer les voitures et les motos.

A New-York aussi l’astre du jour reprenait ses droits et dardait le ciel de ses rayons matinaux. Alexis, son regard perdu dans l’immensité de ce ciel bleu pensait à son père, et à Kate. A la simple pensée de la peine qu’elle avait infligée à la détective des larmes se déversèrent en cascade sur ses joues. Elle s’en voulait de mettre son père dans cette situation, C’était à elle de présenter des excuses en premier et pas à lui mais il avait tenu à y aller tout de suite, et ça se comprenait. Elle savait qu’il n’y avait pas de réseau où il se trouvait mais elle envoya tout de même un message, il le recevrait plus tard, ou pas mais elle s’inquiétait et était impatiente d’avoir des nouvelles.

 

Kate, habillée et ayant envie d’un bon petit déjeuner,  elle descendit à la cuisine et commença par faire du café. Vu que le soleil était déjà bien présent elle aéra en grand la pièce, la fenêtre puis la porte. Elle se figea et grimaça envoyant la chose difforme qui dormait sur le fauteuil.

« Aïe ! Dur sera le réveil. Bien fait il n’avait qu’à rentrer chez lui » pensa-t-elle.   

Sa  colère était retombée, elle n’en voulait pas à son père, il pensait surement bien faire et ça leur donnerait l’occasion de mettre les choses au clair pour qu’elle puisse enfin l’oublier.  Elle ne fit plus de cas de l’intrus et vaqua à ses occupations, tout en jetant quand même de temps en temps un œil sous le porche.  Café, pancake, œufs brouillées, tout était prêt pour un petit déjeuner copieux. Elle allait se mettre à table lors la pièce s’obscurcit, elle se retourna vers la porte, il se tenait dans l’embrasure, il frappa trois coup contre l’encadrement.

- Bonjour. Dit-il  se tenant les vertèbres.

- Bonjour ! En voyant sa mine pitoyable elle se surprit à avoir mal pour lui !

- Café ?

Rick était surpris mais heureux de constater qu’elle ne sortait pas son arme main une deuxième tasse à café.

- Avec plaisir.

Il n’avait toujours pas bougé du seuil et n’osait pas entrer mais lorsqu’il vit qu’elle posait la deuxième tasse sur la table de la cuisine il s’avança et s’assit devant elle, sa surprise se fit encore plus grande quand il vit une assiette remplie de bonnes choses.

- Merci mais vous n’étiez pas obligée de…..

- Je ne l’ai pas fait pour vous, j’en ai trop préparé, c’est tout.

- Ok, merci quand même.

- De rien.

Ils mangèrent dans un silence religieux seulement interrompu par le grincement de la chaise de Castle qui cherchait une position confortable pour son dos…………..et ses fesses. Lorsqu’ils eurent finis, Castle se leva et commença à faire la vaisselle, il fût rejoint par Kate qui l’aida et rangea la cuisine. Quand elle eut fini, elle reprit une tasse de café et alla s’assoir sur la chaise sous la véranda. Castle hésita mais la suivit. Il plia la couette qui lui avait tenue chaud cette nuit et s’installa dans le fauteuil où il avait essayé de dormir.

- Pas très confortable ? Demanda Beckett en désignant de la tête ou il était assis.

- Non en effet.

- Vous auriez pu rentrer chez vous.

- Non je ne pouvais pas.

Elle le regarda étonnée par sa réponse.

- Je suis venu avec Lanie et sa voiture. Quand on a appris que vous ne rentriez que le soir, je lui ai dit de retourner en ville et que je  vous attendais ici. Donc je suis à pieds.

- Hm hm……

Un silence passa, puis un autre, et……………….et cela commençait à devenir gênant. Elle, son regard était perdu à l’horizon. Il savait que la discussion devait  venir et ne voulait pas la repousser ad aeternam.

Il posa sa tasse sur la table, inspira profondément, c’était le moment, mais elle le coupa dans son élan.

- Qu’ai-je fait de mal ?

 


caskett71  (31.08.2017 à 21:53)

Chapitre 8 : Mise au point.

 

- Qu’ai-je fait de mal ?   Demanda-t-elle le plus calmement du monde en fixant le bleu de ses yeux, surprenant l’écrivain qui allait prendre la parole.

- Rien Kate, tu n'as rien fais de mal.

- Alors pourquoi est-ce qu’avec Alexis  vous n’arrivez pas à être heureux?

- Mais je suis heureux, surtout quand je suis avec toi.

Il l’avait tutoyée aisément, comme s’il l’avait toujours fait, ça lui paraissait si naturel depuis le temps qu’ils se connaissaient  que cela ne le mit même pas mal à l’aise. D’ailleurs  Kate ne le releva même pas.

- Je vous fais du mal. Je vous fais du mal à tous les deux depuis que je vous connais. Et je pense qu’à Martha aussi !

- Non Kate arrête ça, je ne me suis jamais sentis aussi bien avec quelqu’un que depuis que je te connais. Depuis que je te  côtoie tous les jours, que ce soit au poste ou en dehors………tu m’as permis me reconstruire, pas seulement en tant qu’écrivain grâce à Nikki Heat mais au quotidien, je me sens utile. Grâce à toi, dit-il en la pointant du doigt,  j’ai  trouvé un sens à ma vie, j’ai l’impression de faire enfin quelque chose de bien.

- Mais Alexis…..

- Alexis a dix-neuf ans, elle a beau être plus mature que moi certaines fois, cette vérité fit sourire Kate, elle reste un ado avec des réactions d’ado pourrie gâtée.

- Mais elle ne veut plus me voir, une larme, je ne sais pas ce que j’ai fait de mal pour qu’elle………..

- Kate regarde-moi.

Il se rapprocha d’elle et lui prit les mains. Mon Dieu qu’elle avait l’air fragile en ce moment. Il ne l’avait jamais vue ainsi. Elle leva les yeux vers lui, une deuxième larme,  que Castle essuya de son pouce. Il se permit de laisser glisser doucement sa main sur sa joue si douce puis reprit ses mains entre les siennes.

- Alexis a eu peur pour moi, c’est pour ça qu’elle a réagi aussi violemment en vers toi. Depuis dix-neuf ans je suis son centre du monde, je suis toujours là pour elle et…………et si elle a réagi ainsi c’est surtout de ma faute.

Sidérée par cette réponse, elle le dévisagea d’effroi.

- Non Rick tu n’es en rien responsable.

Pour elle aussi le tutoiement était venu naturellement, il y a des discussions qu’on ne peut avoir autrement qu’en employant ce petit mots amical, presque intime par moment.

- Si, c’est à cause de moi ! Ces derniers temps je l’ai délaissée, depuis qu’elle est  à l’université je ne la vois plus beaucoup et quand elle est au loft, je n’y suis pas.

Kate éclata en sanglot.

- Si tu n’y es pas c’est que tu es avec moi, c’est à cause de moi si…

- Non, stop. 

Il cria si fort qu’il fit sursauter la détective et s’envoler une volée de canards  qui barbotaient dans le lac.

- Si j’étais avec toi c’est parce que je le voulais. Je voulais être près de toi, tout le temps, et je le veux encore. Je veux passer chaque jour avec toi et, je  veux  passer aussi toutes mes  nuits près de toi Kate.

Il avait dit cette dernière phrase si bas qu’il ne savait pas si elle l’avait entendue. Mais le doute s’estompa  très vite lorsqu’il vit le regard apeuré de la détective se figer face à lui.

Devant cet aveu le barrage céda sous le flot des larmes trop longtemps retenu. Elle se leva précipitamment manquant de le faire tomber, et courut vers le lac. Rick un peu surpris par l’élan de Kate se retint de justesse à la rambarde pour éviter de tomber.  Une fois sur ses jambes, il la suivit rapidement. Ils couraient tous les deux sur le gravier qui crissait sous leurs pas et ralentissait leur cadence. Kate,  dont les larmes ne cessaient de couler, s’arrêta haletante contre un arbre et se laissa tomber assise à terre. Les mains sur son visage, elle tentait de reprendre son souffle et de calmer les sanglots qui secouaient son corps. Rick qui l’avait vue s’effondrer sur le sol, ralentit sa course et s’approcha silencieusement, il voulait lui laisser le temps de se calmer. Doucement il s’agenouilla devant elle, prit son visage en coupe et essuya ses joues humides de ses pouces. Ses mains s’attardèrent plus que nécessaire sur sa peau si douce, rafraichies par l’air frais du matin. Une fois les yeux de la belle séchés, il prit ses mains entre les siennes.

- Kate, il faut qu’on parle, on ne peut pas continuer à se faire du mal comme ça, ce n’est plus possible.

- Rick, arrête de culpabiliser, c’est moi qui te fais du mal. Cria-t-elle de rage. Et je ne peux plus supporter ça, vas t’en. Laisse-moi.

- Non Kate tout mais pas ça. Je ne peux pas te laisser. 

- S’il te plait Rick vas-t-en. Dit-elle les dents serrées de colère.

- Non Kate, je……….je t’aime !  Et JE -NE -PARTIRAIS -PAS.  Dit-il en articulant bien chaque mot

 Cette fois-ci elle le poussa fort  alors il se retrouva assis dans le gravier. Pas découragé pour si peu, il se remit devant elle.

- Kate bon Dieu mais  qu’est-ce qui te prend ?

- Je suis maudite Castle, tous les gens qui tiennent à moi finissent par me quitter d’une façon ou d’une autre. Ma mère, Royce, Montgomery, ils m’ont tous aidé, aimé et ils sont où maintenant ? Hein ? Ils sont tous morts, alors vas-t-en avait qu’il ne t’arrive un malheur à toi aussi  et qu’Alexis se retrouve sans père.

- Non, je ne partirais pas. Dit-il en la prenant brusquement par les épaules et en plantant son regard dans celui brillant de Kate.  

Elle saisit ses bras et  le repoussa si furieusement qu’il tomba à la renverse sur le gravier, sa tête heurta le sol sans qu’il ne soit trop secoué mais il y avait quand même eu un choc.  Il se releva en se tenant l’arrière du crâne mais là ce qu’il vit dans son regard, jamais il n’aurais cru le voir dans ces magnifiques yeux émeraude. De la haine, une haine violente qui lui fit peur. Il avait peur de Kate Beckett, s’en était trop pour lui, il ne se sentait pas assez fort pour affronter ça. Il se leva, Kate n’avait toujours  pas bougé et le fixait toujours aussi durement.

- Tu as gagné. Je pars.  Au revoir lieutenant Beckett.

Il tourna les talons, se tenant toujours la tête qui saignait légèrement, et dû se faire violence pour ne pas la regarder encore un peu. À peine eu-t-il passé le coin de la cabane que sa vue se troubla. Il prit sa veste sous la véranda et marcha, et pleura.

N’ayant pas de véhicule, il se dirigea vers le village, plus sûr moyen d’en trouver un. Seulement le village était à trois kilomètres, il aurait donc le temps de ressasser toutes les parole dites, criées par Beckett. Ses mots avaient étés si durs qu’ils lui avaient fait l’effet d’une gifle, des centaines de gifles. Mais le plus effrayant avait été son regards, en y repensant un frisson d’horreur le parcourut. Comment une femme d’ordinaire si douce et gentille pouvait débiter de telles atrocités. Les larmes de plus en plus nombreuses le forcèrent à quitter la route pour se réfugier dans un pré ou  un tronc lisse accueilli l’écrivain en peine. Ses sanglots redoublèrent, il s’en fichait, il l’avait perdue pour toujours.

Sur la plage de gravier, la colère de la détective retombait peu à peu. Elle sentait une boule serrer sa gorge. Les mots avait été douloureux mais nécessaires, violents mais vrais.

Les dernières larmes fugaces  séchèrent sur ses joues que la rage avait rosies. Pourquoi était-il venu jusqu’ici ? Elle se sentait déjà tellement coupable d’avoir fait éclater cette famille si unie que sa présence ici n’avait rien arrangé et au contraire, il  avait retourné le couteau dans la plaie qui s’était rouverte.

Péniblement elle se releva et regagna la véranda. Elle s’affala sur le fauteuil qu’il avait occupé plus tôt et ramassa la couette par terre. Comme lui la veille, elle mit son visage dans le tissu, il sentait Castle, son après rasage, un mélange de musc, de poivre et de pamplemousse, à la fois sauvage, piquant et amer, c’était tellement lui, elle aimait ça. Cette senteur lui fit comme un électrochoc, les mots qu’elle lui avait hurlés, les insultes, elle lui avait crié de partir, elle l’avait bousculé si fort. Comment avait-elle pu être aussi ignoble avec lui qui  avait toujours été là pour elle, sa présence, ses encouragements, ses cafés. Malgré toutes ces horreurs, il lui avait avoué qu’il l’aimait. Et elle, serait-elle en train de tomber amoureuse?  Était-elle déjà amoureuse de lui bien avant aujourd’hui ? L’évidence de ce constat lui sauta aux yeux. Noyée de tendresse, elle se sentait à la fois confuse et heureuse.

-Non mais quelle conne je suis.  Se sermonna-t-elle.

Elle se leva si précipitamment que le fauteuil se renversa et cassa la petite table mais elle n’eut pas le temps de le voir car elle était déjà derrière la cabane et enfourchait sa moto. Elle fit rugir les 1500 ccm3  de son moteur comme jamais elle ne l’avait fait tellement sa hargne avait repris le dessus.

Elle roula, vite, en direction du village, étant à pied, c’était certainement le choix qu’il avait fait pour pouvoir regagner la ville. Ses yeux brillaient mais cette fois ce n’était pas seulement à cause de la vitesse, bien que celle-ci soit excessive. Elle roulait si vite qu’elle ne vit pas l’homme avachit sur un tronc d’arbre qui extériorisait toute sa peine. Il hurla son impuissance à conquérir la femme de sa vie, il cria si fort qu’il n’entendit pas la moto qui passait non loin de lui.

Lorsque la tempête se calma, il reprit sa route. Il avait décidé d’aller à la station-service qu’il avait vu  hier pour se renseigner sur les moyens qu’il y aurait pour retourner en ville.

Kate arriva à la station-service sans avoir vu Castle, comment était-ce possible, il n’y avait nulle part d’autre où il aurait pu aller. Elle parqua sa bécane et fut rejoint par un Kris souriant à l’idée de la revoir mais lorsqu’il vit sa mine défaite il déchanta vite.

- Hey Kate ça va ?

- Non Kris ça va pas. Est-ce que tu as vu un étranger passer à pied par ici il y a peu de temps ?

- Non, personne n’est passé à part le vieux Cordel qui rentrait chez lui. Pourquoi ?

Elle se prit le visage entre les mains et un sanglot la secoua. Il s’approcha et la prit dans ses bras, il voulait la réconforter encore, mais il ignorait que la partie était perdue d’avance. Elle lui expliqua en gros la dispute avec Castle mais n’omit pas de parler de sentiments, des sentiments que Rick éprouvait pour elle mais aussi des siens pour l’écrivain. Kris, déçu posa un baiser sur sa tempe. Elle était sincère, elle s’excusa de l’avoir laissé espérer mais ne  chercha pas à se justifier. Elle aimait Castle mais il avait fallu cette grosse dispute pour qu’elle ouvre enfin les yeux.

Des yeux qu’elle aurait dû mieux ouvrir car dans ce cas elle aurait vu l’ombre tapie derrière un arbre qui les épiait depuis qu’elle était arrivée et qui bouillait intérieurement de voir qu’elle n’avait pas perdu de temps pour se jeter dans les bras de cet homme.

Castle hors de lui sortit de sa cachette et travers la route prêt à lui dire ses quatre vérités à cette………..non, vaut mieux pas que je le dise…..  Kris qui l’avait vu arriver s’éloigna de Kate et la fit se retourner. Elle se trouva face à un Rick démonté.

- Je comprends maintenant pourquoi tu m’as poussé si ardemment à partir. Tu ne voulais pas que je gâche ton petit bonheur avec lui. Cracha-t-il en montrant Kris du doigt.

- Quoi ? Non, ce n’est pas….

- Et ne me dit pas que ce n’est pas ce que je crois car je sais ce que j’ai vu. Je n’ai même pas quitté le village que tu te jettes déjà dans ses bras.

- Tu te trompes Rick.

- Je me trompe ? Vraiment ? Dit-il en calmant, un peu, sa colère. Tu sais Kate, j’aurais compris si tu m’avais simplement dis la vérité, j’aurais pu encaisser et nous serions restés amis.

- Mais de quoi tu parles ?

- De mes sentiments Kate, je t’ai dit que je t’aimais mais si ce n’était pas réciproque,  pourquoi ne pas me le dire tout simplement au lieu de me laisser espérer tout ce temps.

Devant l’air abasourdi de Kate, Kris, qui avait compris la situation,  prit la parole.

- Je crois que vous deux vous avez un sérieux problème de communication.

- Toi le garde du corps on ne t’a pas sonné.

Rétorqua Rick en toisant du regard le balèze garagiste qui se tenait devant lui.

- Hey calme-toi l’écrivaillon ou je t’en colle une.

En disant ça Kris, qui faisait bien une tête de plus,  s’était rapproché dangereusement de Rick mais celui-ci nullement impressionné par le bellâtre  ne bougea pas. Kate sentant l’affrontement arriver calma le jeu.

- Kris arrête s’il te plait. Somma-t-elle en lui prenant le bras. Je vais lui parler.

- Si c’est pour m’envoyer paître comme tout à l’heure merci mais j’ai donné. Au revoir Kate.

Puis comme plus tôt, il tourna les talons malheureux à en crever mais si  c’était ce qu’elle voulait pour être heureuse alors il allait quitter le coin, la ville, quitter le pays, oui voilà, il devait tout recommencer, ailleurs. Il entendit un bruit de moteur, qui s’éloignait, elle s’éloignait de lui, et lui d’elle. Il ne veut plus avoir mal, plus souffrir à chaque fois qu’il pense à elle. Il veut l’oublier.

Noyé dans ses pensées il ne s’attendait pas à ce que quelqu’un le retienne par le bras. Ne sachant pas à qui il avait à faire, il se retourna vivement prêt à se défendre  mais se heurta à ce  colosse de garagiste.

- Que voulez-vous ? Dit-il énerver, en dégageant vivement son bras.

- Vous parler, calmement.

- Je ne peux pas.

- Pourquoi ? Vous avez prévu quelque chose?

Rick regarda autour de lui. Au bord de cette petite route, au milieu de nulle part, qu’avait-il de mieux à faire. Et s’il devait se faire ramener en ville valait peut-être mieux se faire un ami, même s’il devait s’agir du futur petit copain de la femme qu’il aime, aimait ? Alors qu’il allait faire demi-tour, son IPhone sonna, étonné qu’il y ait du réseau, il le sortit et le déverrouilla pour consulter le message qui venait de sa fille.

« Papa, je suis inquiète, donne-moi des nouvelles dès que tu peux. Je t’aime. 

Et dit à Kate que je suis vraiment désolée. »

Il lui répondit rapidement :

« Je rame »

 

Kris avait déjà rebroussé chemin, Rick lui emboita le pas et tous les deux se retrouvèrent assis sur la terrasse du mécanicien devant une bonne  bière fraiche.

- Alors, de quoi voulez-vous parler ?

- D’abord Monsieur Castle, ici dans ce patelin, tout le monde se connait et tout le monde se tutoie donc si ça ne te dérange pas…

- Y a pas de problème pour moi. Le coupa Rick, pressé de savoir le pourquoi de sa présence sur cette terrasse.

- Super. Alors voilà. Je connais Kate depuis très longtemps, elle m’a aidé par le passé, et tout gentiment je suis tombé amoureux d’elle.

- Je ne vois pas ce que je viens faire dans ton histoire d’amour.

- J’y viens. Hier lors de notre balade j’ai saisi ma chance, je l’ai embrassée.

Rick furieux se leva, lui tourna le dos,  mais resta sur la terrasse.

- Et ce qui a été magique c’est qu’elle a participé à ce baiser.

Rick, dont la fureur augmentait outrageusement, se retourna et le dévisagea prêt à bondir sur lui.

- Avant que tu m’arrache les yeux Rick, sache qu’il y a un « mais ».  Elle m’a dit qu’elle ne savait plus où elle en était dans sa vie, j’ai compris bien vite qu’il y avait un homme derrière  tout ça. Elle m’a demandé d’être patient, ce que je lui ai promis de faire.

- Hmmm quel gentleman. Rétorqua-t-il d’un ton méprisant.

- Rick tu n’es qu’un sombre crétin.

L’écrivain hors de lui saisi Kris par le col de sa chemise le forçant à se lever.

- Comment  oses-tu….

- Tu ne vois pas ce qui se passe sous ton nez.

Rick déconcerté, relâcha légèrement son emprise.

- Tu ne vois pas qu’elle est folle de toi mais qu’elle crève de peur, elle ne sait pas comment te le dire et avec ce qui est arrivé ces derniers jours ça ne va pas s’arranger alors accroche toi.

-Que je m’accroche, mais c’est elle qui m’a hurlé de partir pour venir se jeter dans tes bras dès que j’ai eu le dos tourné. N’oublie pas que je vous ai vus tous les deux tout à l’heure.

- Tu as vu oui, mais as-tu entendu ?

Rick resta perplexe devant cette question et relâcha finalement le jeune homme.

- Non, je….

- Ha voilà le problème, tu as jugé ce que tu as vu.

Rick se rassis lourdement sur sa chaise avala une bonne rasade de bière, imité par Kris. Il  était sidéré par cette remarque et ne sut plus quoi répondre, devant le silence  de l’écrivain, Kris clarifia la situation.

- Elle est venue me voir  en disant qu’elle avait fait la plus grosse connerie de sa vie et que je devais l’aider à te retrouver. Mais je lui ai dit que  je n’avais personne vu passer à part le vieux Cordel et c’est là  qu’elle s’est jetée dans mes bras en pleurs. C’est là aussi que j’ai compris que son cœur était déjà pris.

- Elle m’aime ?

Devant cette constatation, les yeux de Rick se remplirent de larmes mais pour une fois, et ce depuis longtemps, c’était des larmes de joies.

- Oui elle t’aime, et ça me tue de vous voir vous étriper comme des chiffonniers. Alors tu vas retourner à la cabane et vous ne ressortirez pas de là avant d’avoir parlé, j’ai dit parler, pas hurler ni crier. Parler comme des gens civilisés.

Rick, requinqué par cette nouvelle se leva énergiquement prêt à courir vers sa belle. Au bas des marches de la véranda de Kris, il se stoppa net.

- Kris ?

- Oui ?

- Est-ce que tu pourrais……

- Viens ? Répondit-il comprenant que l’écrivain de voulait pas faire les trois kilomètres à pieds.

Ils grimpèrent dans le pickup bleu de Kris et en silence se dirigèrent vers la cabane. Il déposa Rick au bord de la route et lui souhaita bonne chance.

Une fois Kris partit, Rick perdit de son assurance, il savait qu’elle avait fait un choix mais il ferait tout pour lui faire changer d’avis. Il savait qu’il avait fait ses propres choix également et qu’ils étaient les bons malgré les  difficultés et le qu’en dira-t-on, malgré le fait qu’il se sentait si mal en cet instant, malgré le fait qu’il avait le sentiment d’avoir perdu une partie de son cœur lorsqu’elle l’avait chassé de chez elle.

Il  réfléchit pendant de longues minutes à toutes les possibilités qui s’offraient à lui et il n’y en avait qu’une seule qui lui paraissait évidente. Il allait l’affronter, pour ne pas le regretter un jour et se dire « si seulement.»  Il ferma les yeux, soupira profondément et fût surprit lorsqu’il entendit le gravier crisser sous ses pas. Inconsciemment ses jambes l’avaient mené devant la porte de son destin.

 


caskett71  (02.09.2017 à 00:32)

Chapitre 9 : Un début ou une fin ?

 

Kate avait rejoint la cabane et arriva juste à temps pour se jeter sur le canapé et laisser éclater sa peine, un cri de rage suivit  d’un flot de perles salées ruisselant sans interruption sur ses joues. Elle resta ainsi à ressasser sa colère contre elle-même à ne pas pouvoir s’ouvrir aux autres, faire confiance en l’amour que les autres voulaient lui donner et partager avec elle. La mort de sa mère avait donné un but à sa vie et c’est grâce à ça qu’elle s’était battue et  était devenue ce qu’elle était mais  de l’autre côté du miroir tout n’était pas rose. A 35 ans elle se retrouvait seule, pas de famille, à part son père. Elle avait bien eu des petits amis mais  aucun avec lequel elle se voyait vieillir, sauf peut-être……..Rick, mais voilà, avec sa méfiance elle avait tout gâché. Ses larmes redoublèrent d’intensité et le coussin qui avait si gentiment accueilli son visage se trouva vite inondé.

A new York, la jeune rouquine avait repris le cours normal de sa vie, de ses études mais la concentration lui faisait horriblement défaut. Elle était dans l’amphithéâtre du cours de droit mais son esprit errait à une centaine de kilomètres de là, vers son père, vers Kate.

Elle tenait son téléphone en main et le consultait souvent, très souvent, l’éteignant et le rallumant pour vérifier qu’il fonctionne bien, mais le résultat était toujours le même, pas de message. Si bien que lorsqu’en fin de matinée il vibra, elle sursauta de surprise, ce qui fit se tourner vers elle presque toute la classe. La rougeur de ses joues marqua sa gêne mais elle s’empressa de consulter le message. Enfin il avait répondu, mais son soulagement fût de courte durée lorsqu’elle découvrit le contenu, court mais qui voulait tout dire.

«  Je rame »

 

Rien de plus. Une larme roula sur sa joue, c’était à cause d’elle qu’ils en étaient arrivé là et si son père ne pouvait pas à arranger les choses,  elle allait devoir vivre avec toute sa vie.

 

Rick se tenait immobile sur le seuil de la porte que Kate n’avait pas fermée. Il la voyait, là, sur le fauteuil, secouée par des sanglots qui lui paraissaient incontrôlables. Mon Dieu qu’il avait envie de se précipiter près d’elle, de la prendre dans ses bras et de ne jamais plus la lâcher. Après tout, qu’avait-il à perdre. Il s’avança d’un pas déterminé, s’agenouilla devant elle et posa une main sur son épaule. La jeune femme sursauta et dévisagea l’inconnu, qui ne resta pas inconnu bien longtemps. 

- Rick.

C’est d’une voix désespérée qu’elle articula difficilement son  nom puis se jeta dans ses bras. Ce mouvement, inattendu par l’écrivain, les fit basculer et ils se retrouvèrent tous les deux assis parterre entre la table basse et le fauteuil, Kate assise sur ses cuisses. Rick soulagé par la tournure des évènements la serrait tellement fort qu’elle ne put empêcher un gémissement de s’échapper de sa gorge.  Surpris, il desserra son étreinte et fixa son regard dans l’émeraude qui le contemplait.

- Désolé, je t’ai fait mal ?

- Non ça va.

Il se releva et tendit sa main vers Kate qui se remit debout sans peine. Leurs mains ne s’étaient pas lâchées. Et leurs yeux………………..mon Dieu, si leurs yeux avaient pu parler ou écrire,  ils auraient noircit des pages entière de ces quelques mots.  « Je te demande pardon. »

Troublée par sa présence, elle ne savait plus comment agir, ils se tenaient debout au milieu du salon, leur main toujours liée, leurs regards toujours accrochés. Il la sentit faiblir et l’aida à s’assoir puis s’installa près d’elle.

- Kate, je suis désolé pour tout ce qui s’est passé ces derniers jours et …..

- Non arrête, si on commence le jeu du je suis désolée, non c’est moi, non c’est moi, on ne s’en sortira jamais.

- D’accord, alors que veux-tu que je te dise ?

- Rien, rien du tout, c’est moi qui vais parler.

En disant cela elle caressa tendrement sa joue. Comme pour se donner du courage, et plongea dans son regard adorateur.

- Je vais commencer par m’excuser…

Face à la réaction de Rick, elle mit ses doigts sur ses lèvres lui intimant de ne rien dire.

- Je m’excuse pour tous les non-dits qu’il y a entre nous. Je ne suis pas douée avec les mots, c’est pour ça que je ne m’ouvre que rarement aux autres. Tout ce qu’a dit Alexis, l’autre soir, tout est vrai.

- Non Kate…

- Chuttttt, laisse-moi finir sinon je n’en aurais plus le courage. Elle disait que je ne pensais qu’à moi et elle avait raison, car ça me plaisait de t’avoir à mes côtés tous les jours, de te voir élaborer des théories douteuses, de sentir cette connexion qu’il y a entre nous, et de rire avec toi. J’aime ton rire……..

Il sourit à cet aveu, touchant. Resserrant son emprise sur ses mains, il commença à les caresser doucement.

-  ….et quand elle parlait des dangers que je te faisais courir, je ne me rendais pas compte car c’est mon univers, j’évolue dans le monde depuis quinze ans que je me crois indestructible, mais je ne le suis pas, et toi non plus, alors je comprends qu’elle ait eu peur de te perdre, car moi aussi. Je ne sais pas ce que je deviendrais s’il t’arrivait quelque chose de grave ou pire que ça. Rick ce que je veux dire c’est que cet éloignement m’a fait comprendre que je tenais à toi plus que je ne l’imaginais. Je ne peux pas me passer de toi.

- Mais ???? Car je sens qu’il y a un mais ?

- Mais si tu dois te fâcher avec ta fille à cause de moi je ne le supporterais pas.

Rick soupira de soulagement, elle le voulait bien, lui. Mais il devait régler le problème « Alexis ». Il sortit son portable sous le regard tourmenté de Kate.

- Kate, si tu m’avais laissé parler, tu saurais qu’Alexis s’en veut énormément de tout ce qu’elle t’a dit. Elle était jalouse et avait peur que je ne sois plus là pour elle.

- Elle……elle te l’a dit ?

- Le lendemain même.

Il lui montra l’écran de son téléphone ou le dernier message de sa fille était affiché.  Elle prit délicatement l’IPhone entre ses doigts fin et relu plusieurs fois le message.

- Elle regrette !

- Oui, et c’est même grâce à elle qu’on a pu savoir où tu étais.

- Comment ça ?

- Elle a été voir Lanie pour avoir l’adresse de ton père et elles sont allées le voir en lui expliquant tout. Et quand il a dit que tu étais ici, elles m’ont appelée alors je les ai rejointes chez ton père…………et tu connais la suite.

Kate contemplait encore le message sur l’écran. Elle était comme groggy, elle avait l’impression de se réveiller d’un mauvais rêve. Elle laissa tomber l’appareil et se jeta dans les bras de Rick qui cette fois-ci se fit moins vigoureux ce qui leur permit de rester assis sur le canapé. Il l’enlaça tendrement, ses mains caressant son dos pour l’apaiser, la rassurer. Elle laissa ses mains se complaire dans ses cheveux, elle sentit quelque chose de bizarre, ce qui le fit brusquement geindre lorsqu’elle passa ses doigts dessus. Elle  relâcha son étreinte et le regarda inquiète.

- Qu’est-ce tu as là? Dit-elle en passant délicatement son doigt sur l’endroit en question, ce qui le fit à nouveau grimacer.

- Ce n’est rien, juste un petit accident.

- D’après ta grimace ce n’est pas rien, montre-moi.

- Elle se leva et s’assit derrière lui. En écartant les cheveux, elle découvrir une grosse plaie recouverte de sang séché et de terre.

- Mais qu’est-ce que tu……….oh mon Dieu, c’est moi qui ???????

Rick se retourna fissa car il devinait qu’elle avait compris.

- Kate ce n’est rien, juste une égratignure….

- Rick je suis désole, c’est moi qui…………..

Il saisit son visage en coupe entre ses mains et par ce geste et son  regard la rassura.

- Arrête ce n’est pas grave, un peu d’eau et il n’y paraitra plus rien.

Elle se leva et lui tendit la main.

- Viens à la salle de bain, je vais désinfecter.

- Oh parce que tu as aussi ton brevet d’infirmière.

Ils sourirent tous les deux en se dirigeant vers la salle d’eau. Rick enleva sa veste et s’assit sur le bord de la baignoire en découvrant la pièce qui paraissait avoir tout le confort nécessaire.  Il n’avait pas encore eu le temps de bien voir mais apparemment la cabane était bien équipée. Electricité, eau courante, chauffage, il avait pu voir au salon une belle cheminée en pierre. Kate lui passa la main devant les yeux pour le sortir de sa rêverie.

- Alors Monsieur Castle on rêve ?

- Oui, d’une belle lieutenant de police reconvertie en infirmière douce et sex…… Il se bloqua sur le dernier mot en voyant le regard fuyant de Kate.

- Viens t’assoir là au lieu de dire des bêtises.

- Mais je ne dis pas de bêtises, juste la vérité Kate. Dit-il en s’asseyant sur les toilettes pour qu’elle puisse mieux voir sa blessure.

Elle nettoya la plaie qui suintait légèrement  et la désinfecta minutieusement. Il ferma les yeux pour mieux apprécier les délicieuses caresses qu’elle lui prodiguait, il aurait pu rester ainsi des heures à se faire dorloter pas la jeune femme.  Elle était si douce qu’il ne s’était même pas aperçut qu’elle avait terminé.

- Voilà, j’ai fini. Ça va mieux ?

Il se leva pour lui faire face et déposa un baiser sur sa joue, proche de ses lèvres, très proche, ce qui la troubla.

- Oui, ça va beaucoup mieux, merci Kate.

Ils retournèrent au salon puis Kate l’invita à faire la visite de la cabane. Elle l’emmena à l’étage où se trouvaient deux petites chambres, chacune équipée d’un lit double et d’une petite commode,  une autre plus spacieuse meublée d’un grand lit, deux tables de chevets et d’une grande armoire, il y avait quelques photos de famille accrochées aux murs et au bout du couloir il y avait une petite salle d’eau. Au rez, il avait déjà vu la salle de bain, le salon avec la cuisine ouverte,  il ne lui restait qu’une pièce  à découvrir, à côté de la cuisine, une buanderie  qui faisait aussi  office de  garde-manger et de  cave.

- Alors, qu’en penses-tu ?

- C’est chouette, quand tu me parlais de la cabane de ton père j’imaginais vraiment une cabane style quatre planches et un toit, mais c’est un très bel endroit.

- Oh ça doit te paraitre ridicule à côté de ta maison dans les Hamptons.

- Ce n’est pas comparable, ici c’est plus petit mais plus chaleureux, plus cosi, on s’y sent bien. Et je comprends que tu t’y sois réfugiée.

Assis sous la véranda, elle se rapprocha pour poser sa tête sur son épaule, elle avait enlacé leurs doigts et se complaisait de cet instant.  Ils se laissaient porter par le vent  qui agitait les feuilles et par les clapotis du lac qui ondoyait paisiblement non loin d’eux.  Longtemps elle avait couru à côté du bonheur sans oser franchir la ligne mais à présent elle avait changé de couloir et comptait bien y rester.

- Rick ?

- Hmmmm ?

- Et si on faisait à manger, j’ai faim.

- Et gâcher ce délicieux moment ? Kate resta silencieuse. Mais non je plaisante, je commence aussi à avoir faim.

Ils se levèrent et fouillèrent dans les placards à la recherche de quoi se sustenter. Comme elle n’avait pas prévu d’avoie de la visite, il n’y avait que le minimum donc le choix fût vite fait. Pâtes à la tomate et salade verte.

Assis l’un en face de l’autre, les sourires pleuvaient de chaque côtés. C’était simple mais ils étaient bien. Après le repas ils retournèrent sous la véranda pour prendre le café. Rick voulait aborder un sujet mais ne savait comment attaquer alors qu’elle s’installait confortablement contre lui, il passa son bras sur son épaule et resserra son étreinte.

- Kate ?

- Oui.

- Quand penses-tu rentrer à New-York ?

- Hmmm je ne sais pas, j’ai encore quelques jours de congés. Pourquoi ?

Mal à l’aise il bougea sur son siège, elle le sentit et se redressa pour lui faire face.

- Qu’est-ce qu’il y a Rick ?

- Rien de grave, c’est juste que…..je ne sais pas….. heu….

- Rick vas-y. Dis-moi ce qu’il y a !

- Je ne sais pas comment rentrer en ville et………..

- Parce que tu comptes rentrer aujourd’hui ? Le coupa t’elle net.

Ne sachant que répondre, il leva les épaules. Le sourire de la brunette s’estompa subitement, elle  pensait qu’il allait rester au près d’elle. S’était-elle trompée ? Puis elle repensa à leur discussion, tous les non-dits qui semaient la pagaille dans leur vie.

- Je pensais que tu allais rester ici ? Demanda-t-elle franchement.

Là elle n’eut pas besoin de réponse car le sourire lumineux qui rayonna sur le visage de l’écrivain voulait tout dire. Mu par une pulsion divine, il avança son visage et leurs lèvres se caressèrent sensuellement. Tous les deux attendaient ça depuis un moment sans oser mais les gémissements qui troublèrent le silence du lieu montraient bien que l’instant était divinement  apprécié de part et d’autre. Kate amplifia la pression de sa main sur la nuque de l’écrivain et intensifia son baiser qui prenait une tournure plus concupiscente et leurs langues se mêlèrent à la danse. Les mains de Rick n’était pas en reste, elles se baladaient sous sa fine jaquette et dans un mouvement involontaire, firent remonter son pull.  Une  main chaude rencontra la peau douce et fraiche de Kate, ce qui la fît se raidir encore plus contre lui mais malheureusement,  l’air se fît rare, ils se séparèrent, essoufflé.

- Wahoouu….. Soupira Kate en se lovant contre son torse.

- Je n’aurais pas dit mieux.

- Donc ça veut dire que tu restes ?

- Je pense que ma réponse  a été claire. S’esclaffa-t-il. Mais j’ai quand même un petit problème.

Elle le regarda surprise en attendant  la suite de son explication.

- Ben je n’ai pas d’affaires de rechanges.

Elle éclatât de rire et relâcha sa respiration, respiration qu’elle ne se rappelait pas avoir retenue.

- Quoi, il n’y a rien de drôle à ça.

- Non, mais c’est toi qui est drôle.  T’en fait pas pour ça, je dois trouver quelque chose qui t’ira dans les affaires de mon père. Sinon on peut aller chez Kris, il a quelques vêtements dans son magasin.

- Bonne idée, on pourrait y aller maintenant, comme ça je pourrais envoyer un message à Alexis pour la rassurer, et remercier Kris.

- Pourquoi ?

- Ben on a eu une discussion entre hommes. Et c’est lui qui ……………m’a amené ici.

- D’accord alors en route.  Mais Rick, j’espère que tu n’as pas peur de la moto ?

- Non non du tout, j’ai mon permis deux roues tu sais.

- Oui mais là je parle de moto, pas de vélo.

Il se retourna, vexé par la remarque mais comprit en la voyant se retenir de rire qu’elle se jouait de lui.

- Ha ha. Très drôle lieutenant. Mais je te montrerais ma dextérité si une fois on a l’occasion de faire une balade tous les deux.

Ils partirent en riant tous les deux. Rick enfila l’ancien casque de Kate et  mis un sac à dos. Puis ils roulèrent, délicieusement collés l’un contre l’autre vers la station-service.

Kris en entendant le bruit typique de la Harley sortit sur le perron et sourit tristement en les voyant arriver. Il aurait aimé être à la place de l’écrivain mais le bonheur qui se lisait sur leur visage lorsqu’ils ôtèrent les casques lui mit du baume au cœur. Après tout ce qu’elle avait vécu de négatif, elle méritait d’être enfin heureuse et si ça devait être avec lui, et bien il serait heureux pour elle.

- Re-bonjour vous deux. Alors d’après ce que je vois mon conseil a porté ses fruits.

Kate dévisagea interrogativement Rick qui lui souriait amoureusement.

- Oui, Kris m’a clairement fait comprendre que j’étais un idiot de te laisser partir et que je devais m’accrocher. Alors je me suis accroché.

Elle contempla Kris, la veille il lui avouait ses sentiments et aujourd’hui il faisait tout pour que Rick et elle se trouvent enfin. Kris, un sourire timide sur le visage, se dandinait d’un pied à l’autre ne sachant plus ou se mettre. Kate lui sauta dans les bras pour un câlin qui ne se voulait autrement qu’amical.

- Du calme jeune fille, je crois que ton petit copain est un tantinet jaloux.

Rick qui vivait la scène sereinement, sourit à cette observation. Il avait vu le regard que Kate avait pour Kris, celui qu’on a pour un frère ou une sœur, pas ce regard amoureux qu’elle avait en le regardant profondément après le baiser échangé tout à l’heure. Non, ce regard, elle le réservait seulement pour lui et il en était heureux.

- Bon alors pendant que vous fêtez  nos retrouvailles, je vais dehors envoyer un message à Alexis.

- Non attend. S’écria Kate. Je viens avec toi et on lui enverra un selfie.

- Mais en voilà une bonne idée. Kris on revient tout de suite.

- Ok, de toute façon je ne bouge pas de là.

Le nouveau couple sorti sur le côté et s’enlaça pour prendre la photo.

- Et si on lui envoyait une petite vidéo ? Proposa Kate.

Il l’embrassa sur la tempe.

- Je savais que tu étais une femme  remarquable mais là tu dépasses toutes mes espérances.

Kate le fixait intensément ne comprenant pas ce compliment sorti de nulle part.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Parce que avec toutes les horreurs que t’as dites Alexis tu arrive encore à te soucier d’elle. Et ça c’est juste…………..admirable.

- Bien sûr que je me soucie d’elle, ta fille est adorable, elle a simplement eu peur pour toi et c’est la seule façon qu’elle a trouvé pour extériorise ses angoisses. Je ne dis pas que ça a été agréable ou que j’oublierais ses mots mais je comprends sa réaction.

- Oui ben en attendant elle pensait que tu ne lui pardonnerais jamais et qu’elle devrait quitter le pays pour être sûr de ne plus te croiser.

- Hein ?????

- Non je rigole, sauf pour la partie concernant ton pardon.

- Idiot ! Dit-elle en lui  frappant la poitrine. Alors viens faisons cette vidéo.

Ils s’assirent sur un tronc, Kate entre les jambes de son homme, et se mirent d’accord sur le déroulement de la scène. Rick cadra l’image sur lui et lança l’enregistrement.

«  Hey salut pumkin. Je voulais juste te rassurer,

ici tout va pour le mieux, je vais bien et Kate aussi va bien »

Puis il élargit le cadre et les filma tous les deux. Kate sourit timidement, elle n’aimait pas trop  ce genre de chose mais elle savait qu’Alexis aurait besoin de le voir pour croire ce que son père avait dit précédemment.

«  Salut Alexis, je te rassure, je n’ai pas étripé ton père, et je ne t’en veux pas. Lorsqu’on sera rentrés j’aimerais bien qu’on se fasse une journée entre filles. Si t’es d’accord. Et si ton père est d’accord bien sûr. Alors à bientôt !»

Ils sourirent à la caméra et il coupa l’enregistrement. 

Rick envoya la vidéo à sa fille et rangea son téléphone. Vu l’heure elle devait certainement être en cours donc elle verrait le message plus tard, de toute façon il n’attendait pas de réponses… Kate se retourna dans ses bras et l’enlaça tendrement.

 


caskett71  (02.09.2017 à 22:00)

ATTENTION petit passage interdit au jeunes....

 

Chapitre 10 : Finalement ce sera un début.

 

- Alors monsieur l’écrivain, on va faire quelques emplettes ? Demanda-t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres.

- Oui détective, je suis curieux de voir ce que renferme la caverne de Kris Baba…..

Ils retournèrent à l’intérieure main dans la main.

- Vous faites un joli couple. Observa le gérant en encaissant leurs achats.

Kate gênée se cacha au creux de l’épaule de Rick qui lui resserra son emprise. Rick avait finalement trouvé un jeans et un t-shirt, une chemise à carreaux violette et un magnifique lot de boxer Batman, il mit les victuailles dans son sac à dos et  alla ranger les habits dans le top-case. Alors qu’il attendait Kate qui voulait dire deux mots à son ami, il reçut  un message. Alexis leur répondait déjà. Il ouvrit le message et y découvrit un énorme cœur rouge accompagné d’un Smiley ému. Kate arriva à ce moment-là.

- Profite car c’est le seul endroit où il y a du réseau.

- Oui je sais. Regarde, c’est la réponse d’Alexis.

- Oh j’y pense, avant de partir, demande lui si elle peut dire à  Lanie que tout va bien pour éviter qu’elle se fasse trop de soucis et qu’elle débarque sans prévenir avec armes et bagages.

- Bonne idée, et après on retourne à la cabane.

Rick envoya le texto en rappelant à Alexis qu’il n’y avait pas de réseau et qu’il lui redonnerait des nouvelles bientôt.

Dans la tête de Kate une idée avait germée, elle en avait discuté avec Kris et le lendemain serait une belle journée, une très belle journée. Mais en attendant ils allaient rentrer à la cabane. Ils s’équipèrent et….

- Est-ce que tu veux conduire ? Demanda-t-elle en lui tendant les clés.

Le sourire qui naquît sur le visage de Rick aurait pu faire fondre un iceberg au pôle nord.

- C’est pas vrai, tu me laisse conduire ta moto ?

- Oui mais si tu veux pas c’est pas grave. Je nous ramè………….

Les lèvres de Rick sur les siennes l’empêchèrent de finir sa phrase et  le choc des casques se cognant les firent éclater de rire. Il prit les clés et enfourcha la bécane comme s’il avait fait ça tous les jours. Le moteur rugit. Rick sourit, heureux comme un gosse le jour de Noël.

- Alors belle demoiselle, je vous emmène ?

Elle lui rendit son sourire et se laissa embarquer par ce beau brun au regard ténébreux. Il roulait prudemment mais elle sentait qu’il était à son aise. Jamais elle n’aurait imaginé Richard Castle en motard, tout de cuir vêtu……. Oh son esprit l’engageait vers des contrées délicieuses mais dangereusement glissantes. Les secousses du chemin de terre la sortirent de sa rêverie gourmande. Il parqua la moto sous le couvert où Kate la mettait habituellement et mit pied à terre, il tendit la main à sa belle pour l’aider à descendre et quand ils eurent quitté leurs casques, il la saisit inopinément par la taille pour lui donner le baiser le plus bouleversant qui soit. Elle avait eu assez confiance en lui pour le laisser piloter son engin qu’elle considérait comme un bijou. Il se devait de la remercier généreusement pour cette confiance. À contre cœur ils s’écartèrent et se sourirent tendrement.

- Attention, je risque d’y prendre goût. Confia-t-elle d’une voix grave et sensuelle.

- Oh mais j’y compte bien. Avoua l’écrivain.

Pendant qu’il se changeait, Kate rangea les courses et remit de l’ordre à la cuisine. Lorsqu’il descendit, Kate  mis les affaires de Rick dans le lave-linge pour qu’il en ait de propre pour les jours suivants. Elle ne savait pas combien de temps il allait rester mais espérait ne pas le voir partir trop tôt.

Le soleil déclinait gentiment à l’horizon et la fraicheur commençait à s’installer. Les deux tourtereaux partirent se balader au bord du lac pour profiter du soleil couchant et de ses rayons flamboyants qui embrasaient le ciel. Ils s’étaient arrêtés dans un petit coin dégagé qui offrait une vue imprenable sur le lac et s’étaient enlacés.

Les deux mains de Rick étaient fortes et chaudes. Ses yeux étaient vifs et doux. Et Kate ne pensa plus à réfléchir, à comprendre. Son cœur battait à la chamade. Elle n’entendait plus en elle qu’une grande  envie de se blottir brusquement dans ses bras.  Elle mit tendrement ses mains autour de son cou et posa son front contre son épaule. Rick serrait Kate contre sa poitrine en lui répétant que depuis longtemps il tenait à elle, et qu’il l’aimait comme un fou.  Kate l’écoutait, demeurait blottie sans oser un geste qui dérangerait peut-être son bonheur.

-  Je t’aime Kate. Je ne savais pas qu’on pouvait aimer autant…

Il la savait incapable de lui retourner ces quelques mots pour l’instant mais il savait qu’un jour…….

Il la sentit resserrer son étreinte, sa façon à elle de lui dire je t’aime.

A travers l’étoffe de sa chemise elle percevait Rick, son odeur, sa chaleur, son cœur qui battait très fort tel une houle puissante qui les berçait tous les deux. Ivre de bonheur elle murmura.

- Je suis si bien là.

A son tour il raffermit la pression de ses mains sur sa taille pour mieux s’imprégner de son essentiel, de son absolu. Il la voulait, il voulait Kate Beckett et son caractère complexe, il voulait déchiffrer les intrigues et plonger dans les méandres de ses incertitudes pour l’aider à en faire des certitudes. En leur amour il allait l’aider à croire.

- Alors reste là, reste avec moi  et ensemble nous allons faire un long vol sur l’itinéraire de notre vie.

Elle s’écarta légèrement et plongea dans le regard céruléen de son petit ami.

- C’est très beau ce que tu viens de dire. C’est de qui ? Le taquina –t-elle.

- Hé bien ma chère, c’est de moi. Richard Castle, le seul et l’unique.

Alors que le soleil disparaissait derrière les arbres assombrissant le ciel, ils contemplèrent encore quelques minutes le lac et ses occupants puis regagnèrent la cabane à la recherche un peu de chaleur.

Comme s’ils avaient fait ça depuis des années, le couple prépara la soirée. Rick alluma un feu dans la cheminée alors que Kate mettait à sécher les habits lavés de Rick et  commençait la préparation du repas. Lorsque le crépitement des branches sèches se fit entendre, Kate leva les yeux vers Rick et le vit lever les bras en signe de victoire. Il se retourna et trouva Kate le contemplant dans sa superbe. Gêné il baissa les bras et fit mine de rien. Il rejoignit sa petite amie dans la cuisine et s’affaira à mettre la table.

- Pendant que ça mijote, je vais aller passer quelque chose de plus confortable.  Si tu veux en faire de même, j’ai trouvé un jogging et un sweat. Proposa-t-elle.

- Oui, je veux bien.

Ils montèrent les escaliers, Rick souriait en pensant aux petits soins de Kate, elle était adorable avec lui.

- Voilà, j’ai mis les habits dans cette chambre.

Rick tourna la tête vers la chambre en question et s’aperçut que ce n’était pas la chambre de Kate, elle lui avait mis les vêtements dans une des chambres inoccupées. Son sourire s’estompa vite fait et c’est d’un pas lent qu’il referma la porte.

Kate, assise sur son lit imaginait son partenaire dans la chambre voisine, se dévêtir lentement. Quelques instants plus tôt lorsqu’elle avait préparé les habits pour lui, elle avait hésité longuement sur l’endroit où les poser. Sa chambre ? La chambre d’ami ? Elle ne voulait pas précipiter les choses, pas encore alors elle avait opté pour la deuxième solution en espérant qu’il comprenne. Rick avait enfilé le jogging et le sweat moelleux et était redescendu à la cuisine surveiller le repas. Il avait été surprit et quand même un peu déçu de ne pas avoir partagé la chambre avec elle mais après tout cela faisait à peine une demi-journée qu’ils s’étaient retrouvés, ça allait peut-être un peu vite pour elle, il devait lui laisser du temps. Désormais ils étaient en couple, il devait laisser faire le temps, elle lui avait enfin ouvert son cœur alors maintenant que c’était fait il ne devait pas l’étouffer.

Il remuait la sauce lorsqu’il entendit grincer les marches derrière lui. Il fit mine de ne rien avoir entendu et continua à touiller la préparation. Kate resta sur la dernière marche à admirer l’homme aux fourneaux. Même en survêt il était  craquant. Le pantalon moulait à la perfection ses fesses laissant Kate dans un état songeur. Lorsqu’il goûta la sauce et qu’il laissa échapper un soupir de ravissement, Kate s’avança vers lui et par derrière l’enlaça, croisant ses mains sur sa poitrine.

- Il te va bien ce jogging. Dit-elle songeuse.

- Oui et il est très confortable. Merci. Et Kate……ta sauce est un vrai régal.

- Merci, c’est une recette que je tiens de ma mère, elle aimait beaucoup cuisiner, c’était un vrai cordon bleu.

Rick se retourna sans se défaire de son étreinte et déposa un baiser sur sa tempe. Elle se blotti dans ses bras rassurants.

- J’aurais aimé qu’elle te connaisse. Je suis sûr que vous vous seriez très bien entendus. Avoua-t-elle émue.

- Moi aussi j’aurais aimé la connaitre, avec tout ce que tu m’as dit sur elle, je suis sûr que c’était une femme et une mère extraordinaire, comme toi.

- En effet, elle était géniale. Acquiesça-t-elle en rougissant légèrement. Bon la minute émotion est terminée, place au repas, j’ai une faim de loup.

Elle se mit sur la pointe des pieds et l’embrassa tendrement. Deux sourires, deux êtres heureux de pouvoir enfin s’aimer.

Après le repas, elle prépara deux cafés alors que lui attisait las braises et  remettait du bois dans la cheminé pour la soirée.

Il avait douté tout à l’heure quand il s’était retrouvé seul dans la chambre mais c’était elle qui avait  initié le rapprochement avec ses baisers  et ses câlins.  Il s’assit dans le canapé contemplant les flammes qui virevoltaient dans l’âtre et fût sortit de sa contemplation par le mouvement des coussins lorsque Kate s’assit prêt de lui en lui tendant un café.

- Un penny pour vos pensées Monsieur l’écrivain.

- Oh que Madame est généreuse. Mais ce ne sera pas nécessaire.

Il se racla la gorge cherchant ses mots, il voulait partir sur des bonne bases avec elle et  être honnête sur son ressentit serait un bon début. Il but une gorgée de son café et posa la tasse.  Elle vint se caler dans le creux de son épaule, de sa main sur la poitrine, elle pouvait sentir son cœur battre fort.

- En fait je pensais à tout à l’heure, au sommet des escaliers quand on est allé se changer et……

- Et tu as été étonné de voir que je n’avais pas mis tes affaires dans ma chambre ?

Encore une fois elle avait fini sa phrase mais ce qui était le plus troublant, c’était qu’elle avait vu juste.

- Oui, c’est ça.

- Tu sais j’ai hésité un moment. Je ne savais pas….

- Comment j’allais réagir si tu les avais mis dans la même chambre. T’as eu peur que je prenne ça comme un top départ ! Et que ça aille trop vite pour toi ?

- Wah, c’est flippant de voir comme on se connait si bien finalement. Je comprends mieux la tête des Bros quand on faisait ça au boulot.

- Oui c’est vrai, mais j’adorais ces moments intenses, c’était comme si nous étions connectés. Dit-il en riant.

- Rick, c’est que je suis tellement bien avec toi que j’ai peur de tout gâcher.

- Kate, je t’aime, je ne ferais rien sans que tu le veuilles. Je sais me montrer très patient quand il le faut.

D’un même élan, leurs visages se rapprochèrent laissant leurs lèvres d’abord  se frôler. Il ne chercha pas à provoquer plus, il lui avait promis d’être patient mais elle le surprit en passant ses mains dans sa nuque pour accentuer la pression sur ses lèvres. C’est elle aussi qui engendra la suite, sa langue se fît plus aventureuse et quémanda un passage qu’il n’hésita pas à lui accorder, lorsqu’elle caressa sa jumelle, l’explosion sensorielle qui s’en suivit provoqua un vrai raz de marée  dans leurs poitrines faisant augmenter considérablement leurs pulsations. Elles se caressèrent, se  lièrent et entamèrent un slow langoureux.  Au départ, timides, elles ne mirent pas longtemps à s’emballer dans un tempo endiablé qui provoqua de part et d’autre des gémissements loin d’être, eux, timides. Rick la serra un peu plus contre lui mais un grognement le bloqua net. Kate surprise, le dévisagea inquiète.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Outch. Une douleur dans le bas du dos. Je pense que la nuit dernière à eu raison de mes lombaires. Dit-il en serrant les dents.

Kate ne put se retenir de rire devant la grimace de son petit ami.

- Ce n’est pas drôle, et ça fait mal.

Kate culpabilisait de vouloir rire. Elle lui passa la main dans le dos,  la douceur de ce contact sur sa peau  surchauffée  déclencha en lui  une vague de frissons. Il retenait son souffle mais était-ce par peur qu’elle appuie là où ça faisait mal ou bien était-ce cette sensation grisante qui lui faisait perdre le contrôle de ses émotions ? Il n’aurait su le dire mais ce qui était sûr, c’était qu’il appréciait cette douce torture.

- Dis-moi ou ça fait mal.

Elle continua à balader sa main dans son dos jusqu’à ce qu’elle trouve l’endroit sensible.

- HAAA. Là, c’est juste là.

Kate stoppa sa recherche gardant sa main à l’endroit douloureux  plus longtemps que nécessaire.

- J’ai une excellente pommade contre les douleurs, si tu veux je….

- Oui volontiers.

Il ne lui laissa pas finir sa phrase. Était-ce la douleur ou le besoin de sentir encore ses mains sur lui ? Elle se leva et lui tendit la main pour qu’il la suive à l’étage où elle le fit se coucher sur son lit à plat ventre, en lui ayant au préalable, demandé d’ôter son pull.

 - Toutes les excuses pour voir mon corps d’Apollon détective.

- Mais bien sûr, si tu veux tu peux garder ton pull et je garde ma pommade….

En un rien de temps Rick se retrouva torse nu couché à plat ventre sur le lit de Kate.

- Voilà qui est sage Mr Castle.

Elle s’assit au bord du lit et appliqua la pommade verte aux vertus apaisantes. Elle massa d’une main mais sa position inconfortable l’empêchait de faire un bon massage alors elle enleva ses souliers et se mit à califourchon sur les jambes de l’écrivain. Elle reprit un peu d’onguent et étendit son massage au-delà de la zone douloureuse ce qui ravit son patient. La vue de ses mains se baladant sur ses larges épaules lui mit d’autres idées en tête. Elle se coucha sur lui et lui embrassa l’omoplate, traçant un chemin de baisers brûlants pour arriver derrière son oreille qu’elle mordilla sensuellement. Rick, qui commençait à ressentir les effets de son massage mais surtout des caresses de sa bouche   se tortillait sous elle.

- Ça va mieux. Demanda-t-elle juste pour la forme.

- HUMMM oui merci, tu as vraiment des doigts de fée, et une bouche très curieuse.

Son bras le long du corps glissait sur la cuisse de la jeune femme attisant le désir de l’un et de l’autre.

- Et tu n’as encore rien vu. Taquina-t-elle, sachant que ses paroles allaient le chauffer.

- Alors montrez-moi lieutenant. Demanda-t-il en se retournant sous elle.

Devant la vision de ce corps offert à ses yeux, elle ouvrit légèrement la bouche. De surprise? D’étonnement ? Non. D’envie. Elle rêvait de se perdre dans l’étreinte de ses bras accueillants et ne plus jamais les quitter et la résolution qu'elle avait prise de ne pas aller trop vite, de laisser le temps au temps, se volatilisa subitement. Il profita de son trouble et d’un mouvement fluide s’assit pour s’emparer de ses lèvres entre-ouvertes, qui étaient un appel au crime. L’effet de  surprise  fût vite oublié et Kate ne mit pas longtemps à se joindre à la danse pour un baiser sulfureux qui les fit grogner d’impatience. Rick faufila ses mains sous le t-shirt de Kate et il l’envoya valser au fond de la pièce. Les yeux dans les yeux, Rick cherchait son consentement pour aller plus loin car si la passion prenait le dessus, il deviendrait alors difficile de faire machine arrière. L’étincelle qu’il vit dans son regard le transporta dans des contrées où l’amour et la découverte d’un paradis inexploré n’offrait plus aucune barrière. C’est Kate qui  sonna le glas en passant ses mains dans son dos pour enlever la prison de satin, écrin de tant de convoitise de la part des hommes. Rick déglutit difficilement lorsque Kate laissa glisser lentement les bretelles le long de ses bras faisant ainsi durer l’agonie sensuelle de l’écrivain. Il ne la quittait pas des yeux, timide ou honteux d’être attiré par les courbes de sa belle. Mais  la tentation de pouvoir enfin mettre de côté l’imaginaire pour se repaitre de la réalité prit l’avantage.

Lentement, très lentement, les yeux gourmands de Rick suivirent la ligne de son cou jusqu’à découvrir enfin le galbe de ses seins déjà tendu. La bouche ouverte à la recherche d’un souffle qu’il ne se rappelait pas avoir suspendu, il laissa ses mains curieuses effleurer cette peau douce sans oser approcher ses monts de déesse. Kate, le sentant hésiter, lui prit les mains et les  posa sur sa poitrine désireuse de le sentir doux et puissant. 

Les petits mouvements de Kate sur ses cuisses l’avait émoustillé  et sa virilité commençait à se sentir à l’étroit dans son jogging. Rick titilla entre pouce et index les pointes durcies, subitement il remplaça ses doigts par sa bouche avide, les soupirs de Kate en disaient long sur son état alors que de ses mains dans ses cheveux, elle le rapprochait encore plus que cela ne semblait possible. Gêné par cette posture, il la fit basculer sur le matelas, prenant la direction des opérations. Au poste elle avait l’habitude de mener ses hommes mais dans certaines situations, comme celle-ci, elle aimait que Rick conduise les débats, ou les ébats. Sa langue gourmande plongea goulument dans son nombril alors qu’en un clin d’œil elle se retrouva entièrement nue. Elle était là,  offerte au regard brûlant de celui qui allait devenir son amant, et n’en conçu aucune gêne. Elle vit s’allumer dans son regard, cette étincelle  de désir qui la fit se sentir désirable, belle, aimée.

- Dieu que tu es belle. Soupira-t-il en la voyant baignée par un rayon de lune qui filtrait par la fenêtre.

Kate se mordit la lèvre inférieur ce qui déclencha en lui un tsunami de désir. Il captura fougueusement ses lèvres et la pièce s’emplit de soupirs, gémissements et grognements. Grave ou aigu, on ne saurait le dire tellement la passion les dévorait. Elle aimait le découvrir  à la fois  impétueux mais doux,  bestial mais tendre.  Mais à  son goût il était encore trop vêtu donc dans mouvement rapide et précis, elle le fit basculer sur l’édredon moelleux et d’un seul geste le débarrassa à la fois  de son jogging et du boxer. À ce moment-là, le regard de Kate n’avait rien à envier à celui gourmand de Rick quelques instants plus tôt. Il posa ses mains sur les hanches de Kate quand elle vint s’assoir à califourchon sur lui. Lorsqu’elle  se pencha pour l’embrasser, ses seins effleurèrent son torse, accentuant son désir pour la jeune femme. Elle lui mordilla la lèvre inférieure tandis que son bassin se frottait contre l’érection évidente de Rick le faisant gémir d’impatience. Il glissa sa main jusqu’à son intimité et chercha son point sensible, les petits cris qui parvenaient à ses oreilles le guidait à destination et les mouvements de Kate sur sa main le firent sourire.

Elle suréleva son bassin et il lâcha un râle de plaisir lorsqu’il sentit les doigts fins de sa muse se saisir fermement de sa virilité turgescente.  Ils ondulèrent l’un et l’autre sous les caresses et s’appliquèrent  à  chauffer les corps attisant les sens, liant et déliant les langues cajoleuses.  L’union des corps devenant primordiale et  urgente, il la bascula sur le lit et d’un geste lent et précis s’insinua en elle. Une fois entré  entièrement, il ne bougea plus, laissant le temps à leur corps de s’adapter l’un à l’autre.  Il commença par de lents va et viens  langoureux, sentant le bassin de Kate suivre le même rythme que le sien il accentua ses à-coups. De petits cris de plaisirs franchirent les lèvres de la jeune femme quand il taquina  de ses dents la pointe d’un sein. Il aurait joui instantanément s’il n’avait pas autant prêté attention à la femme qui s’arquait sous lui. Abandonnant provisoirement sa poitrine, il se redressa et posa les jambes de Kate sur ses épaules. Il l’observa se mordre la lèvre lorsqu’il la pénétra plus profondément. Il n’avait pas oublié ce point sensible qui l’avait fait crier plus tôt alors il glissa sa main jusqu’à son clitoris qu’il effleura  du pouce. Elle se cambra aussitôt sous sa caresse en gémissant de plaisir ce qui l’encouragea à continuer. L’image d’une Kate totalement abandonnée sous ses assauts le boosta, alors quand elle perdit totalement pied et qu’il  la sentit  se contracter autour de son membre, il céda à la jouissance à son tour dans un râle libérateur.  Une cascade d’émotions déferla en elle, un bien-être indescriptible. Le bonheur absolu pour eux.

Ils redescendirent gentiment de leur nuage, enlacés, amoureux, heureux qu’enfin s’amorce  leur histoire.


caskett71  (04.09.2017 à 13:32)

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Barryallen, 17/11 à 22:31

salut

Barryallen, 17/11 à 22:31

vous avez vu sony tout ce que ils sont en train de faire ?

Viens chatter !